Cléo Schweitzer

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Mes interventions au Conseil Municipal

Fil des billets

samedi 28 janvier 2017

INTERVENTION SUR LA POLLUTION AUX PARTICULES FINES

Le fléau qu'est la pollution atmosphérique et notamment celle des particules fines constitue un problème de santé publique majeur puisque aujourd'hui il s'agit de la troisième cause de mortalité en France derrière le tabac et l'alcool. Lorsque les conditions climatiques empêchent leur dispersion, l'accumulation dans l'air devient critique. En cas de grand froid, comme en ce moment, d'absence de vent ou de pluie, l'air ne se renouvelle pas suffisamment et les particules classées cancérigènes par l’OMS stagnent. Dans les zones urbaines de plus de 100 000 habitants les résultats montrent, en moyenne, une perte de 15 mois d'espérance de vie à 30 ans du fait des PM2.5

En 2014, le nombre de jours où l’indice publié par l’ ATMO Grand Est était supérieur à 6, c'est-à-dire une qualité de l’air vraiment mauvaise, se chiffrait à 68, pour comparaison, Metz était à 36 jours la même année… Aujourd’hui sur une échelle de 10, l’indice est de 8, nous sommes en seuil d’alerte et c’est un épisode qui dure puisque nous sommes en procédure d’information depuis vendredi… Globalement sur l’année 2015, l’ATMO a observé une légère hausse des concentrations de l’ozone et des particules par rapport à 2014, ainsi qu’une stagnation du dioxyde d’azote. Je n’ai pas trouvé les chiffres pour 2016 !

Je voudrais rappeler que si les pics de pollution sont très médiatisés, c’est bien l’exposition chronique qui pèse le plus sur la santé de nos concitoyens et particulièrement des enfants. Et si les mesures d’urgence sont prises (encore faut-il mieux les communiquer), notamment pour favoriser l’alternative à la voiture et l’utilisation du tram, l’important reste la réduction des polluants sur notre territoire.

Il y a donc urgence à mettre en place un véritable plan d’actions qui viserait à réduire durablement la pollution à Mulhouse avec pour objectif de diminuer par deux l’indice annuel. Or il semblerait avec les chiffres 2014 et 2015 que c’est plutôt une augmentation qui marque la tendance…

S’il est vrai que c’est une problématique pour toute l’agglomération, il est important que notre ville contribue fortement à l’effort et pourquoi pas devienne exemplaire ! Cela suppose des mesures courageuses pour restreindre les voitures et les camions en centre ville avec par exemple, c’est une proposition la création d’une ou deux plates-formes de distribution complémentaires l’une de l’autre, « pour réceptionner les marchandises provenant de différents transporteurs, les regrouper par destinataire, puis les livrer en utilisant des véhicules plus éco-responsables (au gaz naturel, électriques ou vélos).

dimanche 18 décembre 2016

MOTION STOCAMINE VOTEE A L’UNANIMITE AU CONSEIL MUNICIPAL DE MULHOUSE le 13 décembre 2016

Fin mars 2017, le préfet du Haut-Rhin devra dire si Stocamine est autorisé à définitivement fermer ses portes.

Pour rappel, le stockage en mine des déchets ultimes de classe 0 à STOCAMINE a obtenu l’avis favorable en 1997 des élus et des organisations syndicales. Les expertises fournies à l’époque prédisaient un ennoyage de la mine dans environ 10.000 années, que la tenue des terrains de cette aire de stockage située à moins 500 mètres dans l’ancienne mine de potasse Joseph Else à Wittelsheim était exceptionnelle, que la réversibilité des déchets au bout de 30 ans était inscrite dans la loi no. 92-646 du 13 juillet 1992. L’incendie survenu le 10 septembre 2002 a mis fin à l’unique site français de stockage en mine et a abouti à la condamnation de l’entreprise Stocamine suite au non respect du cahier des charges.

Actuellement un déstockage partiel des déchets les plus riches en mercure est mis en œuvre sur prescription de l’Etat alors qu’un confinement définitif des 41000 tonnes de déchets hautement toxiques est envisagé. A ce jour, il existe des incertitudes sur la composition et la quantité exacte des déchets stockés, sur l’évolution chimique des déchets et sur la stabilité et l’efficacité du site et des solutions de confinement.

Consciente des positions qui se confrontent dans ce dossier mais aussi du danger que représente Stocamine pour la nappe alluviale d’Alsace, le conseil municipal de Mulhouse souhaite apporter sa contribution à l’enquête publique qui se termine le 15 décembre 2016.

- Considérant que l’eau est un enjeu majeur partagé dans notre territoire, les élus de Mulhouse souhaitent restés informés de manière transparente sur le déroulé du chantier actuel

- Au vu des incertitudes liées au comportement de la mine, à la nature des déchets stockés et aux enjeux pour le territoire et ses habitants, les élus du Conseil Municipal souhaitent qu’aucune décision précipitée ne soit prise et que l’Etat se donne tous les moyens disponibles pour prendre une décision dans le cadre du respect de notre ressource en eau commune et du principe de précaution.

INTERVENTION SUR LE PRIX DE L’EAU au conseil municipal du 13 décembre 2016

Nous avons demandé la présentation de ce point parce qu’il est toujours bon de parler de notre ressource en eau si précieuse. Vous nous présentez une augmentation du tarif une fois de plus. Ce service a un coût c’est indéniable mais nous aimerions revenir sur deux points. La question des investissements liés à l’entretien du réseau pour commencer. Cet été, la rupture d’une canalisation importante a engendré l’inondation de la rue des tanneurs occasionnant d’importants dégâts. Quelle prévention supplémentaire avez-vous mis en place pour éviter à l’avenir ce type de problème ?

Par ailleurs, la Ville a adopté le système de télérelève dans le cadre des investissements d’une ville intelligente… visant à développer les innovations pour améliorer le confort de vie de ses habitants. Cette télérelève devait permettre à la régie municipale d’accompagner les habitants de Mulhouse dans la maîtrise au quotidien de leur consommation d’eau et de les alerter en cas de suspicion de fuite à leur domicile. Plus de services avec la détection et l’alerte en cas de fuite, le suivi des consommations d’eau et le paiement des factures en ligne. Pour la ville de Mulhouse, cette solution permet de suivre en temps réel le rendement de son réseau d’eau potable, de préserver la ressource en eau et de réaliser les économies associées. Or nous aurions pu espérer que ces économies évitent une augmentation du prix de l’eau … ce qui n’est pas le cas aujourd’hui…

DEBAT SUR LE PROJET D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT DURABLE au conseil municipal du 13 décembre 2016

Nous sommes, je crois, tous conscients de l'importance du débat de ce soir, tant le Projet d'Aménagement et de Développement Durable (PADD) qui nous est présenté est un document essentiel dans la procédure d'élaboration du Plan Local d'Urbanisme (PLU). Les enjeux du débat sur l’aménagement avec les habitants et les usagers de notre ville sont considérables.

Des questions environnementales aux questions socio-économiques, comment répondre à ces objectifs tout en plaçant la population au cœur de leurs enjeux : voilà l’enjeu !

Ce document d’orientation nous amène à réfléchir, sur le développement et les aménagements de la ville dans les années futures. C’est l'occasion de repenser et de redéfinir un projet global pour notre ville, dans le cadre d’une large concertation. Pour nous Mulhouse doit clairement relever trois défis, la transition écologique, la transition économique et le renforcement de sa place en tant que ville porteuse des fonctions métropolitaines d’une agglomération en pleine crise de croissance.

Nous aurions aimé retrouver la notion de plan d’action contre le changement climatique. Nous ne sommes plus dans une séquence où nous pouvons nous permettre de temporiser, il faut désormais mettre massivement l’accent sur la réduction des gaz à effet de serre, décarboner la ville de Mulhouse et indiquer clairement les objectifs que nous nous fixons et comment nous allons les atteindre. La question de l’énergie notamment doit être renforcée dans ce document avec la volonté affichée de doter notre ville de bâtiments à énergie positive. Tous les nouveaux projets immobiliers devraient être exemplaires avec des solutions innovantes comme la mutualisation et le partage des ressources énergétiques sur le site gare par exemple.

Nous pensons que l’éco-mobilité ne pourra pas faire l’impasse d’une nouvelle approche de la place de la voiture en ville avec la question des parkings qui doit être gérée de façon plus mutualisée et plus intégrée et une place encore plus importante pour les modes de déplacements doux et pas seulement au centre ville.

La dynamique démographique de notre ville passe par l’offre de l’habitat et nous partageons votre volonté de remettre sur le marché un maximum de logements vacants. Nous vous demandons de rajouter dans ce document la notion de lutte contre l’habitat insalubre qui existe à Mulhouse, vous avez utilisé le terme obsolète qui correspond à une partie du parc mais vous ne pouvez pas ignorer que des habitants de notre ville habitent dans des logements insalubres. Le PADD existe grâce à la loi Solidarité et Renouvellement Urbain, aussi à Mulhouse, plus qu’ailleurs nous devons retenir la valeur de la solidarité dans la définition des orientations générales de ce document.

L’envie de Nature que nos concitoyens plébiscitent n’est pas étonnante, et nous partageons totalement toute l’approche d’infrastructure naturelle mais il faudra élaborer un volet pédagogique quasi inexistant à ce jour dans notre ville. La Nature n’est pas là que pour embellir le cadre de vie, elle a des fonctions de protection par exemple de notre qualité de l’air ou encore de notre santé. L’alimentation joue un rôle central dans la qualité et le bien-être de nos vies, ce PADD aurait mérité une approche plus audacieuse avec notamment l’introduction de pistes comme les toits verts comme outil innovant de maraichage urbain.

Pour l’aspect économique, les activités industrielles que nous avons sont porteuses de peu d’emplois et ont plutôt tendance à en perdre. Il reste l’économie des services encore trop faible à Mulhouse (même si nous progressons) notamment pour les services de haut niveau, y compris dans le numérique malgré le projet KMO. Mais tout comme DMC et l’espoir d’y voir un développement de l’économie créative, ces deux approches ne peuvent définir à elles seule notre vision des filières d’innovation. C’est oublier,par exemple, la chimie avec le passé de Mulhouse et son école, et notre positionnement géographique avec Bâle qui rayonne avec l’industrie chimique. Et enfin en matière d’innovation, nous devons parier sur l’innovation sociale dans tous les domaines à Mulhouse car nous avons historiquement toujours eu cette fibre, et nous devons explorer les champs de l’économie circulaire et l’action sociale et médico-sociale, des secteurs qui connaissent aujourd’hui une forte croissance et sont une réserve d’emplois.

Nous avons la chance d’avoir une université, nous devons l’intégrer dans nos stratégies à chaque fois que cela est possible. Finalement toutes les villes cherchent aujourd’hui à sauver leur commerce de centre ville, à développer le tourisme et à développer des quartiers d’affaires. Notre PADD doit absolument s’appuyer sur nos spécificités, et notre positionnement dans le sud Alsace, aux portes du Sundgau et de la Suisse doit être un levier de développement prioritaire.

S’agissant de l’intercommunalité, Mulhouse et son agglomération opère une mue en janvier 2017 ; Ce sera l’occasion rêvée pour replacer la ville centre dans un projet global où Mulhouse, forte de son histoire, devra trouver sa juste place et accentuer son rôle de moteur métropolitain. L’enjeu est évidemment de partager une vision d’une attractivité durable de la ville centre et de son agglomération.

En conclusion, n’ayons pas peur de faire une place plus importante au rêve pour porter une ambition commune, et, Monsieur Le Maire, chers collègues, nous vous proposons, outre nos propositions de fond, nous vous proposons de mettre en tête du PADD cette citation de Goethe sur laquelle je finirai mon propos :

« Quoique vous rêviez d’entreprendre, commencez-le. L’audace a du génie, du pouvoir et de la magie »

samedi 15 octobre 2016

INTERVENTION SUR UN NOUVEL ELAN AU VELO, plan d'actions municipal pour 2016-2020

Nous ne pouvons que nous réjouir de cette volonté affichée aujourd’hui dans une délibération même si, et c’est fort dommage, vous n’avez pas partagé un diagnostic clair de la problématique du vélo avec l’ensemble du conseil. Peut-être aurait-il révélé ce que nous savons tous : que de temps perdu à Mulhouse quant à la place du vélo dans la ville !

Evidemment la priorité c’est la sécurité et donc la continuité et la lisibilité des aménagements et avant de privilégier les sites propres. Bien sûr les équipes qui ont travaillé sur ce plan d’actions connaissent leur sujet mais la Ville a singulièrement manqué d’ambition en la matière. L’objectif que vous annoncez pour 2020, est de passer de 3 % (ce qui très faible pour une ville du bassin rhénan)à 6 % et d’atteindre 9 % en 2025… à Strabourg, pour comparaison, on en est à ce jour à 14 % et l’objectif sur l’ensemble de la CUS est d’arriver à 20 % en 2025.

Si des aménagements sont nécessaires voire urgents en terme de sécurité (la rue des couvents-tanneurs est un bel exemple et s’il n’y a pas plus de victime c’est parce que les trottoirs ont été abaissés), il faut entendu d’abord étendre et renforcer le réseau cyclable en site propre. Ce qui signifie que l’armature dont vous parlez devrait être traitée prioritairement en site propre et donc en piste et non pas en band, surtout dans les aménagements prévus pour desservir les écoles car nous partageons complètement cette approche avec les nouvelles générations, encore faut-il que les parents et les enfants soient totalement en confiance et nous en sommes loin à ce jour. Nous demandons donc une accélération des efforts engagés, y compris budgétaires.

S’agissant de Mulhouse ville 30, à l’heure où les Mazeratti déferlent à tombeau ouvert dans la zone 30 de la ville le samedi après-midi, nous défendons néanmoins cette idée pour apaiser la ville et limiter enfin les nuisances sonores pour les habitants du centre ville. C’est pourquoi nous nous demandons pourquoi vous prévoyez d’attendre 2018 voire 2019 pour réduire la vitesse en ville e Il paraît au contraire intéressant d’étudier l’extension de la zone piétonne et des zones de rencontre au-delà de l’hyper-centre puisque nous avons une navette qui circule et qui pourrait très largement voir étoffer sa fréquentation. Il y a là également un enjeu de santé publique avec les épisodes de pollution que connait la ville.

Ce plan d’actions a le mérite d’exister et nous y retrouvons beaucoup de propositions intéressantes que nous défendons. Les expérimentations dans le domaine du numérique ne doivent pas nous empêcher de penser aux personnes adultes qui ne savent plus ou pas rouler à vélo. Aussi il nous semble important d’ajouter une vélo-école à ce plan d’action. Une attention particulière pourrait être portée aux habitants des quartiers, dans un souci de mobilité, de désenclavement et d’accès à toute la ville, sans oublier l’aspect financier lié au faible coût des déplacements cyclables pour les usagers, en les aidants à franchir cette barrière souvent plus psychologique que technique.

On dit souvent qu’environ deux-tiers des déplacements se font sur des distances inférieures à 3 kilomètres et pourraient donc être parcourues à vélo en moins de 15 minutes. Il suffit de regarder le parking voiture et le parking vélo du Parc Expo pour constater que la marge de progression en matière d’usage du vélo est énorme. Derrière, on trouve des enjeux environnementaux et économiques et un nombre important de nouveaux acteurs doivent être impliqués mais nous souhaitons qu’une place importante soit donnée à l’économie sociale et solidaire chaque fois que cela sera possible. En conclusion, nous considérons que le travail fourni et la méthode utilisée ont été satisfaisantes et nous voterons donc ce plan d’action malgré l’absence partielle d’objectifs chiffrés et de calendrier en terme de réalisation.

- page 1 de 9