Cléo Schweitzer

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Mes interventions au Conseil Régional

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lundi 22 décembre 2014

INTERVENTION SUR LE BUDGET PRIMITIF ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE 2015

Monsieur le Président, chers collègues,

L’année 2014 a vu naître la loi sur l’Economie Sociale et Solidaire. Comme tout texte législatif, il faut attendre les décrets encore pour beaucoup en cours de rédaction mais il est intéressant de constater dans le cadre de ce budget comment elle a été prise en compte, car en définitive ce sont les structures et les collectivités qui portent les projets.

L’année charnière qui s’annonce pour ce secteur de l’économie doit être l’occasion de renforcer le rôle de la Chambre Régionale de l’Economie Sociale et Solidaire et d’implanter enfin une antenne dans le Sud Alsace, au hasard à Mulhouse, mais pourquoi pas à Thann ou Altkirch, car le sud Alsace est trop souvent oublié … Cela fait 5 ans que nous faisons cette demande dans un souci d’équité territoriale, aucune antenne n’a été ouverte dans le Haut- Rhin à ce jour. Ce n’est pas sans raison que nous demandons cela, c’est surtout pour permettre une meilleure information sur l’ensemble du territoire des dispositifs régionaux, notamment dans le cadre de la création ou du développement des entreprises.

Au-delà des aides désormais traditionnelles que l’on retrouve dans ce budget, nous apprécions tout particulièrement l’approche d’un développement territorial par l’économie sociale et solidaire, un axe fort de la loi qui nous invite à l’innovation sociale, économique et environnementale. L’innovation proposée par les Pôles Territoriaux de Coopération Economique (PTCE) est extrêmement intéressante dans la mesure où, par leurs finalités sociales et environnementales, par leur forme de gouvernance et leur ancrage territorial, ils contribuent à faire prévaloir la coopération sur la concurrence. Dans ce cadre, un seul projet a été accompagné cette année, à savoir ECOOPARC, mais nous partageons l’ambition d’en avoir davantage l’année prochaine. Or dans le budget on ne retrouve aucune ligne budgétaire dédiée, ce qui nous laisse dubitatifs quant à votre volonté réelle à encourager ce type de processus innovants. Cette approche collaborative est peut-être une clé pour l’avenir économique de notre région. Elle intègre une prise de responsabilité concrète de la société civile pour mettre en œuvre une vision renouvelée du développement local solidaire et durable. L’autre énorme avancée par le biais de cette approche sera le décloisonnement des deux formes d’économie encore trop souvent opposées, la faible intégration de l’ESS dans le schéma SRDEII l’illustre une fois de plus.

La région Champagne-Ardenne a été pionnière dans cette direction puisque dès 2010, elle ouvrait une ligne budgétaire « droit à l’expérimentation territoriale » pour financer des projets de coopération qui faisaient émerger des activités socialement innovantes et porteuses de développement et d’emplois. Nous regrettons de ne pas trouver une ligne budgétaire dans cet esprit, car les enveloppes du « contrat de ville » ou celle de la formation à la consommation que l’on retrouve dans le chapitre « stimuler le développement territorial par l’ESS » ne correspondent pas du tout à l’esprit des Pôles Territoriaux de Coopération Economique. Nous aurons intérêt dans un avenir proche de nous nourrir mutuellement les uns les autres des meilleures pistes de travail.

Vous nous annoncez un certain nombre de nouveautés, notamment un ou plusieurs lieux de co-working, sans plus de précisions quant à leurs localisations et au véritable budget qui serait affecté à ces créations aussi bien en terme d’investissement que de fonctionnement. Nous veillerons à une juste répartition sur l’Alsace.Mais l’économie sociale et solidaire demeure, vous l’avez souligné un gisement d’emploi. Vous faites référence dans votre document à la création de plus de 500 emplois dans le domaine associatif. Nous avons la faiblesse de penser qu’ils sont essentiellement dus au dispositif des Emplois d’Avenir mis en place par le gouvernement (2500 emplois au 30 juin 2014), d’autant plus que lors de sa dernière visite, le Préfet de Région, soulignait qu’en Alsace la part prise par les collectivités alsaciennes dans ce dispositif d’accès à l’emploi pour es jeunes était inférieure à la moyenne nationale. Mais c’est dans l’étape suivante que la Région et le dispositif AREA peut permettre un nombre croissant de création et de pérennisation des postes. Or, malgré l’évolution des critères de ce dispositif, nous pensons qu’il mérite encore des aménagements afin que les associations ne soient pas freinées dans leur dynamique de création de poste mais au contraire encore plus encouragées. Nous avons proposé l’élargissement et nous continuons à le faire à des champs comme, ce sont des exemples, prévention santé pour les jeunes, lutte contre l’illettrisme, action vers le bien-être des ainés, même s’ils ne relèvent pas de notre champ de compétence. Il faut trouver les leviers pour aider le secteur associatif à sortir des dispositifs de contrats aidés car il se trouve fragilisé par cette dépendance mais il faut également l’épauler au maximum dans cette période de crise.

Chers collègues, nous n’allons pas être plus longs. Cette politique régionale de l’Economie Sociale et Solidaire a le mérite d’exister et nous en partageons les objectifs notamment en direction des acteurs de l’insertion c’est pourquoi nous voterons POUR ce budget.

INTERVENTION SUR LE BUDGET PRIMITIF DE LA CULTURE 2015

Monsieur le Président, Chers collègues,

Nous nous réjouissons évidemment de la reconduction du budget de la culture. Mais nous nous réjouissons encore plus de la réflexion qui démarre au sein de votre majorité sur une vision plus adaptée au monde de la Culture d’aujourd’hui. Bien sûr nous avons remarqué la baisse de 7,8 % dans le chapitre « aide au fonctionnement » des acteurs culturels mais ne connaissant pas le détail nous ne pouvons qu’émettre le souhait que les choix qui seront faits le seront à l’avantage des secteurs les plus mal lotis depuis trop longtemps, et donc globalement tout ce qui touche à la culture des jeunes mais aussi du numérique.

L’un de vos engagements en matière culturelle en 2010 était de faire de l’Alsace une référence en matière d’art numérique. A ce jour, aucun évènement culturel majeur n’existe dans ce domaine et peu de créations numériques ont émargé dans les dispositifs de la Région.

L’innovation en matière culturelle n’est pas passée par la case numérique sauf pour la médiation du secteur patrimonial. Pour les industries culturelles, il est absolument urgent de structurer de manière performante le cluster de la filière image qui avec la disparition d’Iconoval, a pris beaucoup de retard, alors que nous avons par ailleurs une force non négligeable dans le secteur de la production audiovisuel et cinématographique. C’est un axe fort de cette économie créative qui a été mise en avant dans le cadre des travaux d’Alsace 2030.

En culture comme ailleurs la réduction des inégalités doit être un objectif dans la définition de nos politiques. Vous avez choisi de consolider l’Agence culturelle d’Alsace en lui demandant d’amplifier ses missions d’ingénierie culturelle au service des territoire, c’est un choix que nous partageons surtout si elle s’adresse aux territoires qui rencontrent le plus de difficultés en matière de diffusion et de création artistique.

Enfin, vous avez annoncé, il y a quelques jours, que l’Alsace était candidate au transfert de la Direction Régionale des Affaires Culturelles à notre collectivité. Cette proposition fait évidemment écho aux réflexions que mène actuellement l’Etat sur l’avenir de ses services en Régions. On peut en effet se demander aujourd’hui si après l’expérience de la décentralisation et de la déconcentration des moyens de la Culture, il ne serait pas temps de passer à l’étape suivante toujours dans l’esprit d’un service public de qualité. Réunir l’inventaire du patrimoine et l’ensemble des actions sur le patrimoine, permettre une véritable politique du livre avec la lecture publique voilà des exemples qui ont du sens…

Votre budget 2015 pour la culture n’est pas en baisse, et on y retrouve même quelques innovations comme les « cafés culture ». Nous devons à ce stade saluer le bon esprit dans lequel travaille la commission CULTURE qui permet enfin, à notre sens, d’ouvrir le champ des possibles.

Nous voterons donc POUR le budget de la culture.

INTERVENTION SUR LE BUDGET PRIMITIF ENVIRONNEMENT HABITAT 2015

Monsieur le Président, Chers collègues,

Notre lecture du budget relève une baisse tout de même de plus de 430.000€ pour le fonctionnement, une baisse qui se rajoute à celle de l’année passée. Nous sommes conscients des contraintes budgétaires qui pèsent sur les choix, mais nous n’aurions pas fait le même choix au regard d’une certaine urgence environnementale. Près de 40% des espèces alsaciennes figurent sur la liste rouge des espèces éteintes, rares ou menacées tandis que la qualité de la nappe phréatique et de certains cours d’eau est fortement dégradée. Certes, en investissement, on note une augmentation de 252.000€.

La stratégie régionale pour la biodiversité et les paysages est étroitement liée avec un objectif de réduction de la consommation et de l’artificialisation foncières. Nous savons déjà hélas que l’objectif fixé pour la fin de votre mandat, celui d’une diminution de moitié des surfaces agricoles ou naturelles supprimées ne sera pas atteint (il s’agit quand même de passer de 700 hectares à 350 hectares supprimés par année, c’était un engagement que vous aviez pris par écrit dans votre programme en 2010). La plateforme PREFACE co-pilotée avec l’Etat, reste donc plus que jamais indispensable et doit évidemment devenir encore plus un outil incontournable pour l’aménagement du territoire alsacien.

Nous avons une responsabilité forte pour endiguer la perte de milieux naturels et d’espèces patrimoniales. Tous les outils que vous nous proposez y contribuent, néanmoins il est important de partager nos objectifs avec l’ensemble de la population urbaine ou rurale et dans ce cadre, les structures d’éducation doivent être renforcées pour susciter une indispensable prise de conscience collective, à tous les niveaux, c’est un axe qui est clairement évoqué dans votre document budgétaire comme dans le chapitre environnemental d’Alsace 2030 et qui ne se traduit pas assez dans ce budget. Au contraire, leurs budgets de fonctionnement baissent tout comme baissent les crédits à la préservation des milieux naturels, de la lutte contre la pollution, de la promotion des énergies renouvelables.

S’agissant de la politique de l’habitat, nous saluons l’initiative d’un Service Public de l’Efficacité Energétique, il est temps de passer au rythme supérieur pour atteindre là encore des objectifs importants : lutte contre les gaz à effets de serre, économie d’énergie, précarité énergétique, il y a là des enjeux économiques et de justice sociale qui nous sont chers et que nous défendons dans cette enceinte depuis quelques années. La réussite de ce projet sera, une fois de plus, fortement dépendante de l’implication des différents acteurs du territoire et donc de notre capacité à diffuser les informations et la dynamique. C’est un dispositif qui existe en Picardie depuis 2013, et qui a créé une trentaine d’emplois. En 2010, votre programme annonçait la création de quelques milliers d’emplois grâce au saut technologique vers l’énergie positive, pour l’instant nous en sommes encore au BBC.

Ces quelques remarques nous amène à la même conclusion que l’année dernière, nous voterons POUR la partie Habitat-Energie car même si nous souhaitons que les aides soient toujours plus efficaces en termes de gain d’énergie et de lutte contre les inégalités, nous saluons la démarche volontariste de la Région Alsace dans ce domaine avec une augmentation de l’investissement dans le parc locatif y compris social en matière de réhabilitation énergétique, ce que nous avions demandé.

Pour l’environnement, nous nous ABSTIENDRONS considérant que l’environnement de notre territoire est menacé par des politiques locales et par le changement climatique et qu’il ne bénéficie pas de l’effort politique et budgétaire nécessaire.

J’aimerais terminer en remerciant Monique Jung de sa qualité d’écoute, en mon nom et en celui de Dominique Hoeffel et souhaiter qu’en 2015 la commission environnement aille enfin admirer les paysages naturels d’Alsace et des réalisations remarquables en matière d’environnement.

INTERVENTION SUR LE BILINGUISME BUDGET PRIMITIF 2015

Monsieur Le Président, Chers collègues,

C’est dans un contexte particulier que nous parlons de bilinguisme cette année. L’année dernière, nous avions voté votre budget pour marquer notre soutien et notre attachement à cette spécificité régionale. Mais nous n’avions pas imaginé un seul instant, que l’OLCA participerait et soutiendrait par écrit la communication méprisante et indigne en alsacien du journal du Conseil Général du Bas-Rhin contre la Lorraine, stigmatisant les lorrains dans le cadre de la contestation de la réforme territoriale.

Notre langue et notre culture régionale ne doivent pas nous entrainer dans un identitarisme en opposition aux autres. L’identitarisme est là l’identité ce que le nationalisme est à la nation à la française selon une définition de Stéphane Rozès.

Les dérapages inacceptables lors des manifestations récentes, orchestrés par une minorité de manifestants certes mais allant jusqu’au mot « Génocide » nous ont heurté et nous avons souhaité profiter de ce moment pour dénoncer publiquement ces outrances, faites au nom d’une pseudo culture alsacienne, qui continuent (y compris sur les réseaux sociaux) en visant personnellement des élus politiques.

L’une des missions de l’OLCA, c’est d’accompagner l’expression de l’identité alsacienne et dans les déclinaisons de cette mission on retrouve je cite « conseiller les décideurs de la vie publique et économique pour toutes communications et initiatives »…

Dans le contexte actuel et après tous les dérapages que nous avons constatés en présence parfois d’élu(e)s, notre groupe souhaite que cet axe de travail soit sérieusement encadré dans les missions de l’OLCA afin de permettre désormais un travail serein pour le projet de fusion des trois régions, se le Conseil Constitutionnel était amené à le valider.

Lors du référendum sur la collectivité unique, nous avons vu les limites de l’identité régionale… Et pourtant nous avons la langue régionale qui a le plus de locuteurs en France !

Nous souhaitons que les racines de l’identité régionale et de notre langue soient renforcées par les valeurs de l’humanisme rhénan et non pas abîmée comme cela a pu être le cas au cours de des derniers mois, c’est pourquoi nous voterons POUR le budget bilinguisme qui miraculeusement, mais c’est vrai que c’est bientôt Noêl, bénéficie d’un coup de pouce de 3 % !

samedi 29 novembre 2014

INTERVENTION POUR LE GROUPE SOCIALISTE ET DEMOCRATE SUR LES CONCLUSIONS D'ALSACE 2030

Monsieur Le Président, Chers collègues,

Notre groupe a participé à cette démarche prospective malgré les handicaps « structurels » du départ lié au calendrier. Période électorale intense, période de changement institutionnel, échéance des élections régionales, le facteur « temps » a probablement empêché une participation optimale et objective de tous les acteurs de notre territoire ce qui probablement a conduit au résultat plutôt décevant, et je le regrette, des conclusions de la démarche Alsace 2030.

En effet, la majorité des grands principes énoncés sont pour beaucoup soit une reformulation des dispositifs régionaux actuels, soit des éléments qui relèvent de la loi, je pense notamment aux différents schémas, soit des nouveautés effectivement mais qui, en ce qui nous concerne, n’avaient pas attendu Alsace 2030 et avaient fait l’objet de propositions au cours de nos interventions ou discussions au sein des commissions thématiques. Enfin, avant de poursuivre, je souhaiterais rappeler Monsieur le Président, que nous avons reçu il y a deux jours à peine vos documents pour ces commissions réunies, ces délais sont tout simplement inacceptables au regard des sujets importants qui sont traités ce matin. Nous interviendrons donc plus largement sur le fond des conclusions concernant les différentes thématiques lors des séances plénières de décembre.

Pour revenir sur la forme, l’implication citoyenne a par conséquent été très limitée dans cet exercice, on peut le regretter car cela aurait pu être l’une de ses grandes forces. Le nombre de commentaires sur le blog Alsace 2030 est par exemple dérisoire, ce n’est pas une critique, c’est un constat. Quant aux contributions des acteurs, nous n’avons eu aucun accès à l’ensemble de celles-ci, contrairement aux pratiques de transparence que l’on retrouve par exemple dans la démarche similaire menée par la Région Auvergne où tous les cahiers d’acteurs sont encore accessibles par tous sur Internet…

Ceci dit la démarche a existé, comme dans de nombreuses autres régions, et a pu s’appuyer sur des diagnostics qui existaient déjà comme celui qui a été fait dans le cadre de la préparation de l’intervention des fonds européens en Alsace pour la période 2014 à 2020. A nos yeux, un diagnostic partagé au-delà des clivages politiques, est une obligation démocratique pour garantir un travail de qualité pour le territoire. Or il manque au document que vous nous présentez sous forme de conclusion, ce diagnostic qui mettrait en lumière les forces et les faiblesses de l’Alsace. Nous l’avons demandé sans résultat à ce jour… De plus, nous constatons des carences dans l’approche de certaines thématiques .Un exemple, l’avancée de la précarité dans nos territoires, c’est une donnée totalement absente dans ce document et pourtant ô combien importante pour la cohésion sociale et le " bien vivre" dont le grand projet se résume à la définition d’un indicateur… Cela nous laisse songeurs alors que la précarité, dans toutes ses dimensions, est une problématique transversale c’est vrai, qui peut freiner les ferments de la dynamique si on ne la prend pas suffisamment en compte.

Au-delà des choix clairs que nous approuvons - mais qui ne les approuverait pas lorsque l’on prône, je cite « renouer avec une situation de plein emploi » , on peut néanmoins s’interroger sur un choix comme « demeurer une région à l’identité à la fois forte, rayonnante et ouverte, fondée sur des valeurs d’humanisme et de modernité » alors que certaines attitudes démontrent actuellement exactement le contraire dans le cadre des manifestations contre le projet de loi sur la réforme territoriale. Nous ne pouvons que le regretter car nous avons perdu de la crédibilité face à nos futurs partenaires potentiels de la Région Alsace Champagne-Ardenne Lorraine sur le terrain de ces valeurs mais aussi face aux français !

Nous avons formulé des remarques sur le document, prises en compte ou pas, mais il faut bien reconnaître qu’il ne peut être qu’une base de travail qu’il faudra approfondir très vite car en l’état il est transposable dans n’importe quelle région tant les objectifs sont quelques fois génériques. Ne nous leurrons pas, dans un contexte mondialisé, tout le monde veut faire de l’économie circulaire, de l’économie créative ou encore collaborative et d’autres régions ont déjà une, voire plusieurs longueurs d’avance. Si nous voulons faire un saut qualitatif dans la gestion de notre région, nous devons commencer par prendre en compte très sérieusement les principes de mise en œuvre de la page 71 du document :

-Nécessité d’instaurer ou de restaurer la confiance : en Alsace comme ailleurs, le fossé se creuse, nous devons interroger nos pratiques, nous les élus régionaux, ou locaux, interroger notre pratique de la démocratie représentative au service de l’intérêt général. Demain, avec 169 conseillers régionaux, comment pourrons-nous élaborer en confiance un Schéma Régional d’Aménagement et de Développement durable du Territoire (SRADDT), un schéma que pour l’instant, la majorité régionale a refusé d’écrire ?

-Innover dans la gouvernance et les modalités d’action : nous ne pouvons qu’approuver d’autant que nous avons le plaisir de retrouver certaines de nos propositions : un exemple, la création d’un fonds de soutien aux initiatives et expérimentations locales en faveur de l’autonomie des jeunes, une proposition faite par notre groupe lors de la séance budgétaire en 2013. En ce qui concerne les modalités d’action, il serait intéressant d’innover sur cette mesure par exemple en trouvant le moyen de simplifier, tout en décloisonnant et impliquant les citoyens. Autrement dit pratiquer le bottom up plutôt que l’appel à projets classique.

Enfin, pour terminer sur le principe de positionnement renforcé de la collectivité régionale, il est évidemment crucial dans la période que nous vivons. Or, le changement de dimension géographique nous impose de revisiter notre démarche. Comment parler d’Alsace 2030 alors que nous partons vers une région beaucoup plus vaste? Les grandes tendances à l’horizon 2030 sont les mêmes pour la Lorraine et la Champagne-Ardenne, la question centrale évoquée dans le document qui est la compétition économique, technologique et commerciale entre pays, régions, métropoles et territoires doit donc être de manière urgente revisitée à la lumière de la réforme territoriale. Comment et quand cette discussion va-t-elle s’ouvrir ? C’est la question qui doit ponctuer notre démarche Alsace 2030 car la vision devra désormais être beaucoup plus partagée. Faisons donc de ces circonstances, une opportunité pour l’ensemble des territoires concernés, qu’ils soient urbains ou ruraux, dans le cadre d’une véritable Euro-région. L’Alsace évidemment ne va pas mourir et si elle devait intégrer un ensemble important, tout le travail fourni lors de cette démarche devra permettre de réussir le développement de notre grande région dans un esprit de partage.

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