Cléo Schweitzer

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vendredi 19 octobre 2018

Présentation d’une motion en faveur de la sauvegarde de la piscine Pierre et Marie Curie de Mulhouse, conseil municipal du 18 octobre 2018

Madame Le Maire, chers collègues,

Depuis quelques semaines, l’avenir des bains municipaux de Mulhouse, la piscine Pierre et Marie Curie, est au centre des débats avec le dévoilement du plan piscine de la M2A. Ce plan global, que nous nous sommes procurés puisque vous n’avez toujours eu la possibilité de nous le présenter au sein de ce conseil, prévoit explicitement, je le cite :

- la rénovation du bassin olympique du stade nautique et étude concomitante de la réorientation de la piscine Pierre et Marie Curie

- la mise en service du bassin Olympique du stade nautique conjointe à la condition impérative de l’arrêt de l’exploitation de la piscine des Jonquilles et à la réaffectation de la piscine Pierre et Marie Curie

- la réalisation d’un nouvel équipement positionné dans le nord de l’Agglomération dont sa mise en fonction est conditionnée à la fermeture de la piscine d’Ungersheim

- et enfin la finalisation de la rénovation de la piscine de l’Illberg et du stade nautique

Voilà pourquoi nous présentons cette motion aujourd’hui. Nous sommes conscients que des travaux doivent être réalisés et nous souhaitons que l’ensemble de ces travaux soient exemplaires en matière d’économie d’énergie et de ressources.

Mais nous souhaitons également affirmer ici que nous tenons à un maintien du service public au centre ville de la piscine, des bains municipaux et des bains romains. Afin de penser l’avenir de cet équipement aquatique remarquable, nous souhaitons que les citoyens et usagers qui se mobilisent soient associés à la réflexion nécessaire. Nous souhaitons que ce lieu reste un lieu ouvert et accessible à tous !

Après précisions et débat, il s’avère que la piscine des Jonquilles est bien également sous la responsabilité et propriété de Mulhouse même si elle est située sur le ban d’Illzach. Au vu de l’importance de cet équipement pour le quartier Drouot, nous l’intégrons dans la motion.

Motion proposée

L’apprentissage de la natation dès le plus jeune âge doit être une priorité pour les pouvoirs publics afin de lutter contre les noyades mais aussi pour pouvoir bénéficier des multiples bienfaits pour la santé. Pour atteindre l’objectif d’une généralisation de cette pratique sportive et de loisirs, mais aussi pour pouvoir répondre aux objectifs d'une politique de sport-santé, il est essentiel de pouvoir disposer de piscines de proximité et en nombre suffisant. Ces équipements génèrent des coûts importants mais justifiés pour la collectivité.

Après avoir pris connaissance des grandes lignes du Plan Piscine actuellement en discussion au niveau de Mulhouse Alsace Agglomération m2A, le conseil municipal de Mulhouse :

• désapprouve l’hypothèse d’une fermeture des Bains Municipaux de la rue Pierre et Marie Curie au centre de Mulhouse et à proximité de plusieurs établissements scolaires

• demande à m2A qu’une étude soit réalisée pour que son système de chauffage soit modifié dans le but de le rendre plus économique et moins polluant

• demande qu’une réflexion d’ensemble sur ce site remarquable mais sous-exploité soit menée conjointement par M2A et la Ville de Mulhouse pour mieux le valoriser et le rendre plus attractif

• demande à l'Etat de participer au sauvetage de ce patrimoine multidimensionnel

Il est urgent d'agir Madame Le Maire, le dérèglement climatique c'est maintenant !

Madame le Maire,

Alors que la démission de Nicolas Hulot est encore dans nos têtes et qu’un nième rapport du GIEC tire la sonnette d’alarme, la planète rentre dans une mobilisation inédite pour le climat. Samedi, de nombreux citoyens ont marché à Mulhouse comme ailleurs, pour dire que le temps de l’action était venu et qu’il y a urgence de passer à une société sans carbone et moins énergivore.

Les villes ont un rôle incontournable et nous ne pouvons que regretter l’absence d’un sursaut de votre part. Victimes du phénomène des îlots de chaleur, les villes connaissent des températures plus élevées encore que le reste du territoire, et en sont réduites à recourir à des solutions telles que la climatisation, dont les rejets d'air chaud et, surtout, la forte consommation énergétique, génèrent un cercle vicieux. Il suffit de faire un tour dans les bureaux du Grand Rex pour le constater.

Alors oui les moyens sont limités, oui les questions environnementales sont traitées de manière intercommmunale, oui des avancées existent mais elles sont bien insuffisantes, trop lentes et surtout manquent d’ambition pour espérer atteindre nos objectifs de réduction de GES.

Nous parlerons tout à l’heure du dossier piscine et notamment de la piscine Pierre et Marie Curie, il est évident que son système de chauffage polluant et d’ailleurs très coûteux doit désormais être remplacé ! Mais il existe bien d’autres thèmes à explorer en urgence afin de dégager des solutions plus rapides et de préparer la ville aux changements qui s’annoncent. Changements climatiques mais aussi économiques et sociaux qui vont changer nos modes de vie. Il est plus que temps de penser et mettre en œuvre une stratégie d’adaptation aux changements et aux risques avec des objectifs et des actions et de nous associer à ce travail pour l’intérêt général !

Ce travail aurait dû apparaître dans le Débat d'Orientation Budgétaire et doit se traduire dans le prochain budget municipal. Pour terminer, je veux préciser ici, que j'interpellerai de la même manière le président de l'agglomération lors du prochain conseil. Nous devons revoir nos politiques, nos attributions budgétaires, nous devons revoir nos choix ! Maintenant !

Conseil municipal de Mulhouse, 18 octobre 2018

vendredi 21 septembre 2018

Stocamine : chaque jour qui passe est une menace supplémentaire pour notre environnement !

Dans l’attente des préconisations du bureau d’études mandaté par Nicolas Hulot avant son départ du ministère de l’environnement, le rapport parlementaire rendu par trois députés alsaciens souligne la nécessité d’opter pour un déstockage le plus total possible de tous les produits toxiques qui menacent la nappe phréatique d'Alsace. Que de temps perdu dans un dossier qui restera dans les annales en tant que fiasco économique, environnemental et politique dont personne ne veut porter la responsabilité. Il reste l’espoir qu’un déstockage total, y compris du bloc 15, se réalise et que ce dossier serve de leçon pour les futurs projets d’enfouissement de déchets. Le combat continue !

jeudi 13 septembre 2018

Pour une Alsace visionnaire et ouverte sur le monde !

Depuis le référendum du 7 avril 2103, toute tentative en faveur d’une entité politique en Alsace semble vouée à l’échec. L’intégration maladroite de cette dernière dans une région Grand Est a pourtant été un catalyseur des volontés pour permettre à ce projet politique d’aboutir. Malgré tout, l’on peine à voir ce jour un projet politique fort et enthousiasmant porté par les élus comme les citoyens.

Si l’on se donne la peine de revenir sur les leçons de l’échec du référendum voulu par Philippe Richert en son temps et soutenu par le Parti Socialiste du Haut-Rhin, nous devons tout faire aujourd’hui pour ne pas retomber dans les mêmes travers. Le manque de dialogue de l’époque, mené par la « majorité alsacienne » avait en effet empêcher que les territoires et les familles politiques se fédèrent autour du projet. On voit déjà poindre à l’horizon dans le camp du parti Les Républicains les mêmes querelles et postures politiciennes qui aboutirent à un vote négatif des citoyens.

Aujourd’hui le gouvernement, tout comme le précédent, porte un regard attentif aux propositions portées par les élus. Pourtant il n’est pas concevable d’imaginer qu’un nouveau projet institutionnel pour l’Alsace ne fasse pas l’objet d’un référendum. La fusion envisageable des deux conseils départementaux et des circonscriptions administratives pour créer le département unique de l’Alsace ne peut faire l’impasse d’un processus démocratique complété par le travail d’une assemblée citoyenne constituante qui participerait aux fondations de la nouvelle assemblée.

Mais cette fusion des départements ne peut s’envisager que si elle est débouche sur une collectivité à statut particulier, dont la préfecture se situerait à Mulhouse dans le Haut-Rhin pour équilibrer les pôles nord et sud de ce territoire, et dont les compétences seraient adaptées au territoire dans un esprit de décentralisation et de solidarité permettant ainsi une plus grande autonomie de gestion, à l’image de ce qui a été fait pour les métropoles. Ce statut particulier pour un territoire comme l’Alsace devrait prioritairement lui permettre de travailler à un projet politique fort rhénan et transfrontalier avec ses voisins suisses et allemands. Les dossiers transfrontaliers ne manquent pas et irriguent la vie quotidienne de l’ensemble des Alsaciens. Il est temps de les aborder avec de l’audace, des innovations concrètes et une envie commune de relever les défis de l’économie de demain.

lundi 28 mai 2018

Intervention sur le rapport de la mise en œuvre de la politique de la ville Conseil Municipal du 24 mai 2018

C’est un rapport intéressant qui nous est soumis aujourd’hui même si vous nous précisez qu’il n’a pas été possible dans le cadre de ce rapport (sur les années 2016 et 2017) de rendre compte des moyens de droit commun mobilisés et que cela ne sera le cas qu’à partir de 2018… C’est d’autant plus regrettable que la territorialisation des politiques de droit commun au bénéfice des quartiers prioritaires constituait l’enjeu majeur de la réforme de la politique de la ville et c’est probablement là que se joue l’enjeu principal de notre République, car il s’agit de l’équité des moyens. Et sur une ville comme Mulhouse avec son agglomération dont les compétences sont majeures, la mobilité, l’économie, l’habitat, cette grille d’analyse est plus que jamais nécessaire car organiser une telle transparence sur la répartition territoriale des dépenses publiques transformerait les conditions du débat public en interrogeant véritablement les dynamiques inégalitaires de notre territoire.

Bref, on a bien compris ces derniers jours, avec les nombreux débats qui ont entouré la sortie du rapport Borloo et les annonces du Président de la République, que la politique de la ville version plan Marshall avait du plomb dans l’aile. Si on peut avoir des espoirs du côté de la rénovation urbaine et de l’ANRU, on a quand même déjà trois ans de retard sur de grands chantiers promis aux Mulhousiens, et l’on sent bien la tension et même la défiance entre l’Etat et les élus locaux sur la politique de la ville alors que la situation sur le terrain reste difficile et que certains quartiers sont dans la fracture, au bord du gouffre, voire dans l’affrontement pour reprendre les termes de l’expertise menée pendant des mois. On est donc plutôt désormais dans le « Aides-toi et l’Etat t’aidera » en ce qui concerne les objectifs de la politique de la ville !

Alors ce rapport est rédigé pour nous donner une vue sur la situation de la collectivité au regard de la politique de la ville, les actions qu’elle mène sur son territoire, ainsi que les orientations et programmes de nature à améliorer cette situation. Or si ce rapport est très bien écrit, il manque une évaluation des actions, on ne nous dit rien des résultats acquis par les projets que nous avons soutenus à Mulhouse et c’est peut-être cela le véritable problème de cette politique, un foisonnement de propositions dont l’efficacité n’est pas toujours au rendez-vous et pour lesquelles ce rapport ne présente aucune perspective d’évolution. Et inversement, des actions qui fonctionnent très bien mais qui souffrent d’absences de moyens, mais les élus que nous sommes et donc à fortiori les citoyens, sont incapables d’en avoir une vision claire à la lecture de ce rapport. On a notamment 38 % et en 2017 32 % des crédits alloués à l’animation, c’est la plus grosse enveloppe, il eût été intéressant de voir quel en a été l’impact et comment ces crédits se positionnent dans les différents QPV en parallèle avec d’autres dispositifs qui co-existent, parfois même avec peu de relation avec les autres porteurs de projets institutionnels ou associatifs du même secteur. En réalité, c’est sur chacun des enjeux thématiques et transversaux déterminés dans le contrat de ville et judicieusement rappelés au début de ce rapport que ce dernier devrait présenter la situation, les crédits mais aussi la tendance d’évolution avec des indicateurs clairs en lien avec les objectifs. Par ailleurs il faut souligner dans la présentation de ce document une avancée majeure c’est celle de l’annexion imposée par la loi des avis de citoyens. Il faut maintenant passer à l’étape supérieure, inclure véritablement les habitants des QPV dans la politique de la ville et dépasser la formule célèbre de Coluche « Dites-moi ce que vous voulez, je vous dirai comment vous en passer ».

Plus sérieusement, il y a dans les QPV des enjeux fondamentaux qui interrogent à la fois notre système politique et notre modèle social d’autant que l’un des éléments marquants à Mulhouse est sur le plan démographique la présence importante d’une population issue de l’immigration qui dans certains quartiers représente une part très importante du public ciblé par la politique de la ville. On peut donc se demander si la part des subventions allant aux actions relevant du domaine de l’apprentissage de la langue, environ 9 %, est suffisante pour couvrir les besoins d’un apprentissage fondamental pour l’accès à une citoyenneté plus active et plus intégrée mais aussi pour l’accès à l’emploi…

Sur l’emploi, la mère des batailles, ce rapport nous rappelle que le taux d’emploi sur Mulhouse est faible et que les chômeurs de longue durée sont nombreux. On peut regretter à partir de ce constat, que Mulhouse n’est pas figuré dans les territoires volontaires pour l’opération Territoires Zéro Chômeurs Longue Durée initiée par ATD quart Monde mais il est toujours temps de s’y impliquer puisqu’une deuxième vague de territoires va pouvoir s’inscrire dans le dispositif, c'est sur cette proposition concrête que nous avons souhaité terminer notre propos.

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