Cléo Schweitzer

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dimanche 18 décembre 2016

INTERVENTION SUR LE BUDGET DE L'ENVIRONNEMENT 2017 DE LA REGION GRAND EST

Monsieur le Président, Mes cher(e)s Collègues,

Nous parlons pour ce dernier budget thématique sur l’environnement d’un budget contraint (35 millions et non pas 37 millions comme l’indique votre document à moins qu’il faille un 2 millions d’euros de communication), un petit budget pour un enjeu primordial, celui d’une véritable transition écologique pour la région Grand-Est. Évidemment vous mettez en avant la mutualisation et la coordination des moyens mobilisés avec l’ADEME, les Agences de l’eau et les crédits européens.

Pour ces derniers dont les montants sont conséquents, il nous paraît indispensable que la Région porte une ingénierie plus importante auprès des porteurs de projets régionaux afin de permettre une mobilisation plus efficace pour l’environnement.

Quant à l’Ademe et les Agences de l’eau, nous n’avons à ce jour qu’une visibilité partielle du partage des dossiers par le biais des dispositifs que vous nous soumettez aujourd’hui mais quid du partenariat global ?

Prenons l’exemple de la méthanisation, nous restons sur un dispositif d’étude mais la Région se désengage donc totalement de l’investissement des unités de méthanisation. On peut donc légitimement se poser deux questions : cette filière va-t-elle encore être soutenue suffisamment dans notre région et par ailleurs que sont devenues les enveloppes budgétaires qui étaient destinées la méthanisation et à quels nouveaux investissements sont-elles affectées ? On le voit bien, il y a un manque de transparence dans votre présentation, ceci est d’autant plus regrettable à l’heure où nous endossons le rôle de chef de file sur les questions de transition.

Vous affichez une priorité budgétaire avec 15,9 millions pour la transition énergétique. Or ce n’est un secret pour personne, nous sommes loin, très loin des objectifs affichés dans nos schémas régionaux pour le climat, l’air et l’énergie. Je ne connais pas les chiffres pour 2015 mais peut- être pourriez-vous les donner, mais pour 2014 en Alsace, par exemple, nous étions à 3 % de nos objectifs de rénovation du parc privé et 15 % pour le parc social... Ceci pour souligner combien cette transition énergétique doit faire l’objet de toute notre attention et implication dans sa dimension environnementale évidemment car le climat n’attend pas, mais aussi dans sa dimension économique, et là nous espérons que cette question aura la place qu’elle mérite dans le SRDEII, et enfin dans sa dimension sociale et nous nous félicitons de la volonté affichée de pouvoir accompagner encore plus la rénovation du parc social, c’est évidemment prendre en compte la question de la précarité énergétique dont tout le monde se soucie dans cette assemblée, n'en doutons pas.

Alors au-delà des autres lignes budgétaires présentées ici, évidemment sous-dimensionnées pour faire face aux enjeux, nous souhaitons rappeler que si certains domaines nécessitent de la transversalité, c’est bien l’environnement qui le prouve !

Toutes les politiques de la Région doivent intégrer un volet environnemental plus fort si nous voulons être à la hauteur de notre rôle de chef de file et si nous voulons réellement pouvoir revendiquer un développement durable du Grand Est !

Je voudrais également souligner que les questions de biodiversité, de surveillance et préservation des milieux naturels, toutes ces questions reposent énormément et depuis longtemps sur l’implication citoyenne et bénévole, une implication qui s’étend aux projets participatifs en énergie ou sur les circuits-courts entre producteurs et consommateurs. Le monde associatif est un acteur prépondérant qu’il convient d’accompagner plus fortement lorsqu’il y a besoin de créer des emplois !

Ce qui justifie pleinement l’extension d’un dispositif d’accompagnement des projets collaboratifs et participatifs à l’ensemble de la Région, tandis que d’autres dispositifs, notamment tournés vers les particuliers, sont abandonnés, l’effet levier n’étant pas avéré pour un certain nombre d’entre eux.

Nous nous abstiendrons sur le budget environnement et les dispositifs puisque nous n’avons pas à ce jour une vue complète des dispositifs mutualisés et que nous pensons que la Région doit être encore plus présente aux côtés des acteurs associatifs, qui œuvrent pour notre environnement.

Je vous remercie."

INTERVENTION SUR LE PRIX DE L’EAU au conseil municipal du 13 décembre 2016

Nous avons demandé la présentation de ce point parce qu’il est toujours bon de parler de notre ressource en eau si précieuse. Vous nous présentez une augmentation du tarif une fois de plus. Ce service a un coût c’est indéniable mais nous aimerions revenir sur deux points. La question des investissements liés à l’entretien du réseau pour commencer. Cet été, la rupture d’une canalisation importante a engendré l’inondation de la rue des tanneurs occasionnant d’importants dégâts. Quelle prévention supplémentaire avez-vous mis en place pour éviter à l’avenir ce type de problème ?

Par ailleurs, la Ville a adopté le système de télérelève dans le cadre des investissements d’une ville intelligente… visant à développer les innovations pour améliorer le confort de vie de ses habitants. Cette télérelève devait permettre à la régie municipale d’accompagner les habitants de Mulhouse dans la maîtrise au quotidien de leur consommation d’eau et de les alerter en cas de suspicion de fuite à leur domicile. Plus de services avec la détection et l’alerte en cas de fuite, le suivi des consommations d’eau et le paiement des factures en ligne. Pour la ville de Mulhouse, cette solution permet de suivre en temps réel le rendement de son réseau d’eau potable, de préserver la ressource en eau et de réaliser les économies associées. Or nous aurions pu espérer que ces économies évitent une augmentation du prix de l’eau … ce qui n’est pas le cas aujourd’hui…

DEBAT SUR LE PROJET D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT DURABLE au conseil municipal du 13 décembre 2016

Nous sommes, je crois, tous conscients de l'importance du débat de ce soir, tant le Projet d'Aménagement et de Développement Durable (PADD) qui nous est présenté est un document essentiel dans la procédure d'élaboration du Plan Local d'Urbanisme (PLU). Les enjeux du débat sur l’aménagement avec les habitants et les usagers de notre ville sont considérables.

Des questions environnementales aux questions socio-économiques, comment répondre à ces objectifs tout en plaçant la population au cœur de leurs enjeux : voilà l’enjeu !

Ce document d’orientation nous amène à réfléchir, sur le développement et les aménagements de la ville dans les années futures. C’est l'occasion de repenser et de redéfinir un projet global pour notre ville, dans le cadre d’une large concertation. Pour nous Mulhouse doit clairement relever trois défis, la transition écologique, la transition économique et le renforcement de sa place en tant que ville porteuse des fonctions métropolitaines d’une agglomération en pleine crise de croissance.

Nous aurions aimé retrouver la notion de plan d’action contre le changement climatique. Nous ne sommes plus dans une séquence où nous pouvons nous permettre de temporiser, il faut désormais mettre massivement l’accent sur la réduction des gaz à effet de serre, décarboner la ville de Mulhouse et indiquer clairement les objectifs que nous nous fixons et comment nous allons les atteindre. La question de l’énergie notamment doit être renforcée dans ce document avec la volonté affichée de doter notre ville de bâtiments à énergie positive. Tous les nouveaux projets immobiliers devraient être exemplaires avec des solutions innovantes comme la mutualisation et le partage des ressources énergétiques sur le site gare par exemple.

Nous pensons que l’éco-mobilité ne pourra pas faire l’impasse d’une nouvelle approche de la place de la voiture en ville avec la question des parkings qui doit être gérée de façon plus mutualisée et plus intégrée et une place encore plus importante pour les modes de déplacements doux et pas seulement au centre ville.

La dynamique démographique de notre ville passe par l’offre de l’habitat et nous partageons votre volonté de remettre sur le marché un maximum de logements vacants. Nous vous demandons de rajouter dans ce document la notion de lutte contre l’habitat insalubre qui existe à Mulhouse, vous avez utilisé le terme obsolète qui correspond à une partie du parc mais vous ne pouvez pas ignorer que des habitants de notre ville habitent dans des logements insalubres. Le PADD existe grâce à la loi Solidarité et Renouvellement Urbain, aussi à Mulhouse, plus qu’ailleurs nous devons retenir la valeur de la solidarité dans la définition des orientations générales de ce document.

L’envie de Nature que nos concitoyens plébiscitent n’est pas étonnante, et nous partageons totalement toute l’approche d’infrastructure naturelle mais il faudra élaborer un volet pédagogique quasi inexistant à ce jour dans notre ville. La Nature n’est pas là que pour embellir le cadre de vie, elle a des fonctions de protection par exemple de notre qualité de l’air ou encore de notre santé. L’alimentation joue un rôle central dans la qualité et le bien-être de nos vies, ce PADD aurait mérité une approche plus audacieuse avec notamment l’introduction de pistes comme les toits verts comme outil innovant de maraichage urbain.

Pour l’aspect économique, les activités industrielles que nous avons sont porteuses de peu d’emplois et ont plutôt tendance à en perdre. Il reste l’économie des services encore trop faible à Mulhouse (même si nous progressons) notamment pour les services de haut niveau, y compris dans le numérique malgré le projet KMO. Mais tout comme DMC et l’espoir d’y voir un développement de l’économie créative, ces deux approches ne peuvent définir à elles seule notre vision des filières d’innovation. C’est oublier,par exemple, la chimie avec le passé de Mulhouse et son école, et notre positionnement géographique avec Bâle qui rayonne avec l’industrie chimique. Et enfin en matière d’innovation, nous devons parier sur l’innovation sociale dans tous les domaines à Mulhouse car nous avons historiquement toujours eu cette fibre, et nous devons explorer les champs de l’économie circulaire et l’action sociale et médico-sociale, des secteurs qui connaissent aujourd’hui une forte croissance et sont une réserve d’emplois.

Nous avons la chance d’avoir une université, nous devons l’intégrer dans nos stratégies à chaque fois que cela est possible. Finalement toutes les villes cherchent aujourd’hui à sauver leur commerce de centre ville, à développer le tourisme et à développer des quartiers d’affaires. Notre PADD doit absolument s’appuyer sur nos spécificités, et notre positionnement dans le sud Alsace, aux portes du Sundgau et de la Suisse doit être un levier de développement prioritaire.

S’agissant de l’intercommunalité, Mulhouse et son agglomération opère une mue en janvier 2017 ; Ce sera l’occasion rêvée pour replacer la ville centre dans un projet global où Mulhouse, forte de son histoire, devra trouver sa juste place et accentuer son rôle de moteur métropolitain. L’enjeu est évidemment de partager une vision d’une attractivité durable de la ville centre et de son agglomération.

En conclusion, n’ayons pas peur de faire une place plus importante au rêve pour porter une ambition commune, et, Monsieur Le Maire, chers collègues, nous vous proposons, outre nos propositions de fond, nous vous proposons de mettre en tête du PADD cette citation de Goethe sur laquelle je finirai mon propos :

« Quoique vous rêviez d’entreprendre, commencez-le. L’audace a du génie, du pouvoir et de la magie »

INTERVENTION SUR LE CHANGEMENT DE PRESIDENCE A MULHOUSE ALSACE AGGLOMERATION

Monsieur Le Maire,

Nous ne pouvons ni admettre, ni comprendre le choix que vous avez fait d’ouvrir une crise et de mettre fin au dialogue qu’imposait la recherche d’un consensus pour la future gouvernance de M2A. Nous jugeons primordial que soit assurée une présence efficace de la ville-centre au niveau de l’exécutif de M2A. La colère est mauvaise conseillère, Monsieur Le Maire.

Vous avez choisi la confrontation des intérêts plutôt que la recherche des synergies. Vous mettez en danger tout à la fois la coopération intercommunale et la position de la ville-centre dans la reconnaissance de son rôle et de ses besoins pour l’assumer. Nous demandons que le dialogue que vous avez inconsidérablement et unilatéralement fermé puisse se rouvrir, non pas sur des postes avant tout mais, sur un projet. Ce projet commun il doit être validé au sein de la M2A et nulle part ailleurs !

dimanche 20 novembre 2016

Intervention sur le rapport de développement durable de la collectivité, pour apporter des propositions d'amélioration et pour en faire un outil de premier choix au service de l’amélioration de la qualité de notre action publique.

"Monsieur le Président,

Notre groupe souhaite faire plusieurs remarques aussi bien sur la forme que sur le fond de ce rapport relatif au développement durable, qui en l’état ne répond pas aux objectifs qui lui sont fixés par la loi. Puisque nous sommes encore sur une période de transition, ce rapport doit évoluer vers un document plus utile à la collectivité et aux citoyens du Grand Est, notamment sur la partie qui concerne les politiques publiques.

Comme vous l’indiquez au début de ce rapport, il est nécessaire de faire évoluer les indicateurs pour qu’ils correspondent aux nouveaux périmètres de notre territoire. Nous rajouterons à cela que c’est également la démarche d’élaboration et le document final qui devra évoluer. Rappelons que ce rapport doit nous permettre de mettre au centre des débats et en amont du vote des budgets, les choix politiques et leurs cohérences sur le territoire aux regards des enjeux locaux et des finalités du développement durable.

Afin d’optimiser cet outil, nous faisons plusieurs propositions.

Nous proposons que sa présentation ainsi que son élaboration soit faites par direction, afin que toutes les interventions publiques et que leurs implications soient analysées pour améliorer la situation au regard des cinq finalités citées dans votre rapport. Au passage une remarque sur la transition vers une économie circulaire - citée parmi les finalités fixées par le législateur au début de ce rapport-. Certes l’économie circulaire est un axe important de progression, mais qui doit être replacée dans un ensemble beaucoup plus large de dynamique de développement suivant des modes de production et de consommation responsables. Cette proposition suppose qu’une méthode d’analyse inclusive à l’ensemble des dispositifs d’intervention soit adoptée, permettant une synthèse rapide au moment de l’élaboration du rapport sans alourdir le fonctionnement quotidien des services.

Et puisque le CESER semble partager notre analyse et souhaite être associé dans son élaboration, nous ne pouvons que recommander d’accepter son offre dans le respect d’un processus de démocratie participative dont tout développement durable ne saurait faire l’impasse… De plus, cela permettra de tenir compte du renforcement des missions du CESER sur l’évaluation et le suivi des politiques régionales, conformément aux nouvelles dispositions introduites par la loi NOTRe.

Nous proposons également que ce rapport devienne un véritable outil d’évaluation des politiques menées pour les élus de cette assemblée. Nous avons plus que jamais besoin d’évaluation, d’abord parce que nous devons travailler à la restauration d’un pacte de confiance entre citoyens et élus. Ensuite, vu que les budgets, contraints en période de crise, nous obligent à plus d’efficience. Or nous devons pouvoir le démontrer … Enfin la crise écologique devient chaque jour un peu plus une urgence ! Ce rapport est donc l’occasion de mettre en transparence une analyse de nos politiques publiques telle que le législateur le souhaite. Il s’agirait de formaliser les résultats attendus et obtenus sur le territoire, les moyens financiers et les moyens humains. Mais qui dit évaluation dit indicateurs. Or pour évaluer par exemple la contribution de la région Grand Est à la lutte contre le réchauffement climatique, dans le cadre des accords de Paris (on pourrait par exemple avoir un bilan des émissions de gaz à effets de serre), ou pour mesurer la protection de nos ressources naturelles ou de la biodiversité, pour ne parler que d’indicateurs environnementaux, il nous faut des indicateurs fiables et parlants, validés au sein de cette assemblée. Ils seront des outils utiles aux discussions budgétaires et politiques.

Des lois successives ont désigné la collectivité Régionale comme chef de file en matière de protection de la biodiversité, du climat, de l’air, de l’eau, mais ont également responsabilisé la Région sur des questions aussi cruciales que la gestion des déchets, l’économie circulaire ou encore la transition énergétique. Comment ces responsabilités seront-elles mises au service du développement de la croissance verte et donc créatrices d’activités et d’emplois dans la région Grand Est ? Cela nous semble également être un axe intéressant qui pourrait être mieux analysé lors de la présentation de ce rapport.

Il ne s’agit donc pas de multiplier les indicateurs, mais de nous dire comment le développement économique et l’environnement se fondent en symbiose sur l’ensemble du territoire de notre Région et pas uniquement dans les espaces protégés.

Et puis, parce que le développement durable ce n’est pas que de l’environnement et de l’économie, il apparaît indispensable d’étoffer le bilan social dans ce rapport. Certes, la volonté de proposer un parcours d’orientation, d’emploi et de formations adapté et de qualité, à chaque individu, sont clairement affichés mais rien n’apparaît par exemple sur les ressources humaines et le fonctionnement de l’institution régionale. On pourrait trouver à l’avenir, par exemple, un focus sur les actions qui font progresser l’égalité Femmes/Hommes aussi bien d’ailleurs en interne que dans le cadre de certaines de nos politiques.

Monsieur Le Président, rendre compte est une exigence démocratique, faisons de cet exercice règlementaire un outil de premier choix au service de l’amélioration de la qualité de notre action publique".

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