Sortir du nucléaire, c'est possible!

75 KG D'URANIUM REJETES DANS L'ENVIRONNEMENT AU TRICASTIN

Le site nucléaire du Tricastin est implanté à la limite des départements de la Drôme et du Vaucluse, sur le territoire des communes de Pierrelatte, St-Paul-3-Châteaux et Bollène. Il englobe 8 Installations Nucléaires de Base (INB1), plusieurs Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE) ainsi que l’Installation Nucléaire de Base Secrète (INB-S) du CEA-Cogéma. Mardi 10 juillet, l’Autorité de Sureté Nucléaire a annoncé qu’une fuite de "solution uranifère" s’était produite aux environs de 6 h du matin sur le site nucléaire du Tricastin. En réalité, cette fuite serait survenue la veille, à 23h.

Il faut prendre la mesure de la gravité de la rétention d'information : c'est, selon l'aveu des autorités, au moins douze heures après l'accident que les populations ont commencé à être informées. Il ne serait pas étonnant que le délai ait en réalité été encore plus important. Dans tous les cas, il est vraisemblable que des gens ont été contaminés lors de baignades ou en buvant car même lorsque le niveau de radioactivité est faible, une contamination est très grave puisque les particules radioactives se fixent sur des organes et attaquent directement les cellules. C'est alors un cancer quasi assuré en quelques années.

Comment dès lors faire confiance à AREVA, propriétaire de la Socatri, station de traitement des effluents,l'usine responsable de cet accident ? L'enquête de l'Autorité de sûreté nucléaire a relevé plusieurs erreurs concernant la gestion des effluents uranifères issus d'Eurodif.

la CRIIRAD, la Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité, a soulevé le lièvre, alertée par des employés du site.

Depuis, des teneurs en uranium, parfois jusqu'à 10 fois supérieures à la normale, ont été détectées en plusieurs endroits dans la nappe phréatique à proximité du site. Mais ces traces ne peuvent être en rapport avec la fuite de la semaine dernière: l'eau contaminée ne peut avoir migré aussi rapidement. Mais à l'autre extrêmité du site , de 1969 à 1975, des déchets radioactifs des usines militaires ont été littéralement enfouis dans le sol: 760 tonnes de barrières de diffusion -un des outils du processus d'enrichissement de l'uranium par diffusion gazeuse-, des boues radioactives, des filtres de conditionnement (46 m3) et de fluorines ((14 000 m3).

Deux ans après l'enfouissement, en 1977, les exploitants constatent déjà la pollution de la nappe située sous la butte alors qu'ils avaient prétendu avoir enfoui les déchets dans une barrière argileuse, donc étanche. En 1980, la contamination de la nappe est d'un facteur 1000 fois supérieur à la norme. Les exploitants décident alors de pomper la nappe à raison de 173 m3 par heure, et ce jusqu'en 1998...! Ils ont prélevé plus d'un million de m3 qu'ils ont ensuite rejeté dans le Rhône...

Plus le temps passe, plus le nombre de fûts corrodés et éventrés augmente, car le tumulus subit l'érosion, et en plus ils augmentent les risques de pollution du sol et des eaux souterraines, le nombre de personnes exposées aux rayonnements émis par le tumulus et les risques de contamination par inhalation. Il ne faut pas compter sur la diminution de la radioactivité avec le temps : l’uranium 238 a une période physique de 4,5 milliards d’années et l’uranium 235 de 700 millions d’années !

QUE SE PASSERAIT-IL EN CAS DE CATASTROPHE NUCLEAIRE EN FRANCE ?

Une catastrophe, avec rupture de l’enceinte de confinement et dégagement d’un nuage radioactif comparable à celui de Tchernobyl, est hélas possible en France. C'est d'ailleurs pour ça que, autour des centrales, les autorités distribuent des pastilles d'iode (qui ne sauveront d'ailleurs personne). Imaginez l'Alsace évacuée pour des siècles. A Tchernobyl, il y a eu environ 800 000 “liquidateurs” irradiés dont la plupart sont aujourd’hui morts ou gravement malades.

Si cela se produit en France, qui va se sacrifier ?