Mare Nostrum La Méditerranée est héritée d'un océan primitif, la Tethys, qui, il y a 200 millions d'années, était insérée entre deux masses continentales, européenne et africaine . Aujourd'hui, tout en admirant la Grande Bleue devenue un océan miniature riche en écosystème, nous savons tous qu'elle est victime d'une pollution aux origines diverses mais terrible.

UN OCEAN VICTIME DE L'HOMME

La Méditerranée est l'une des zones au monde qui subit la plus forte pression humaine avec, une population totale des nations qui la borde atteignant 380 millions de personnes, un tourisme qui, avec 158 millions d'individus, représente un quart du tourisme mondial et un rapport de l'Agence européenne pour l'environnement, datant de 2005, prédit que la population des pays méditerranéens croîtra de 70 à 120 millions de personnes d'ici à 2030. Menacée par plusieurs activités humaines dont la surpêche aux techniques dévastatrices, l'industrie polluante et les changements climatiques, cette ressource se dégrade dangereusement.

Le littoral est le premier à souffrir de cette pression créée par la présence de l'homme. Bétonné à outrance ou préservé miraculeusement par ailleurs, le paysage ressemble plus souvent à des villes blanches desservies par multitude de routes qu'à des petits villages de pêcheurs aux couleurs pastels. Et comme partout, ce phénomène d'urbanisation se fait au détriment de la biodiversité et des espaces naturels et sauvages.

UNE BIODIVERSITE EXCEPTIONNELLE

La mer n'est pas épargnée et 80% des polluants qu'on y trouve proviennent du continent et surtout des rivières alors qu'on y recense plus de 10 000 espèces, soit 8 à 9 % de la biodiversité marine !

On y trouve plus de 20 espèces de cétacés dont les dauphins, marsouins et baleines, mais aussi trois espèces de tortues marines dont la Caouanne et la Tortue Verte qui y réside contrairement à la Tortue Luth qui elle, vient de l'Atlantique.

Et qui se souvient qu'il existe 1 seule espèce de phoque dans cette région, le phoque moine ? Tout comme les habitats naturels que sont les herbiers de Posidonie, ils sont tous vulnérables aux activités humaines.

UNE MEDITERRANEE "POUBELLE"

D'après André Monaco, chercheur au Centre de Formation et de Recherche sur l’Environnement Marin de l'Université de Perpignan l'activité humaine s'exprime par exemple sous la forme des déchets solides faiblement dégradables avec 70% de plastiques, sacs et bouteilles ... On perçoit d'autant mieux la pertinence d'une opération "zéro sachets plastiques " mise en place en Corse il y a quelques années déjà et depuis dans plusieurs villes de France, mais pas à Mulhouse, malgré ma proposition lors de mon premier mandat ! Il est vrai que nous ne sommes pas situés au bord de la Méditerranée et que les tortues du zoo ne s'étouffent pas avec des sachets qu'elles auraient pu confondre avec des méduses...

D'après un rapport de la Banque européenne d'investissement, «Horizon 2020 - Elaboration of a Mediterranean Hot Spot Investment Programme», «une bonne moitié des agglomérations de plus de 100000 habitants n'ont pas d'usines de traitement des eaux usées et 60% des eaux usées produites dans ces centres urbains sont évacués directement dans la mer», et si on ajoutait la pollution aux hydrocarbures générées par le trafic maritime important sur cette mer, le tableau ne serait toujours pas exhaustif mais justifierait très largement l'appellation ci-dessus...

C'EST GRAVE DOCTEUR ?

Suffisamment pour que les 22 pays et régions concernés s'y penchent depuis trois décennies et mettent en place des outils pour sauver la Méditerranée, zone test des changements globaux et régionaux des écosystèmes. Approche juridique, moyens d'actions, mécanismes de financement, forum de rencontres avec la Convention de Barcelone, tout a été mis en place dans le cadre du plan Bleu.

Pour quels résultats ? Décevants si l'on croit la Commission Européenne qui nous révèle que l'étude effectuée dans le cadre de l'initiative de la Commission Horizon 2020, qui a pour objectif de lutter contre les principales sources de pollution en Méditerranée d'ici 2020, reconnaît la nécessité d'établir un programme pour aider les pays de la Méditerranée orientale et méridionale à réduire leurs rejets polluants en mer.

La dégradation de la Méditerranée menace la santé millions de personnes vivant le long des côtes et porte atteinte au développement à long terme de secteurs économiques clés comme la pêche et le tourisme...

A ce stade, ce n'est plus un docteur qu'il faut, mais un miracle .... Le sommet de l'Union pour la Méditerranée ?