LA CHUTE DU MARCHE AUTOMOBILE MENACE LE PAYS DE MULHOUSE
Par Cléo le vendredi 14 novembre 2008, 13:42 - Orientations politiques - Lien permanent
Les
ventes de voitures neuves en Europe, affectées par la crise économique et
financière, ont plongé de 14,5% sur un an en octobre après 8,2% en septembre.
Renault lâche 19,1% et PSA, 16,3%. (L'Expansion )
A Mulhouse, où le Maire, décidément pas forcément fiable en pronostic (on se souvient de son 50/50 pour l'élection américaine il y a quelques temps à l'Université d'Eté de l'UMP), ne se fait pas de soucis pour Peugeot...
Et pourtant, l'onde de choc de la crise financière mondiale n'a pas fini de se répercuter sur les ventes d'automobiles, il est donc certain que les heures chômées finiront par se transformer en licenciements, pendant que les factures elles, continueront à tomber dans les chaumières de tout un bassin d'emploi comprenant les équipementiers déjà durement touchés par la hausse du prix des matières premières et la délocalisation des achats par les constructeurs.
LES SALARIES DEVIENNENT DES LEVIERS HYPERFLEXIBLES... ET JETABLES
Priés de prendre des RTT, des congés payés et licenciés lorsqu'ils sont intérimaires les salariés sont les premières victimes de ce ralentissement économique.
Pour le groupe Peugeot il est prévu 1.090 suppressions d’emplois. A Mulhouse;l’usine PSA Peugeot Citroën de Mulhouse a arrêté le 24 octobre son équipe de travail de nuit en raison de la baisse des marchés. Cette équipe aura fonctionné moins de trois mois... A Rennes, l’usine PSA va se séparer d’ici la fin de l’année de la totalité de ses intérimaires (un millier) en raison d’une baisse des volumes sur les lignes de production.
Christian Streiff, président de PSA, a déclaré ces jours derniers : « Nous avons réagi très rapidement en prenant des mesures exceptionnelles pour réduire la production. ... Les réductions de production seront ainsi massives au 4ème trimestre, car il est essentiel que le groupe soit en bonne position pour aborder l’année 2009 ». Certains syndicats craignent que la crise ait "bon dos" et qu'elle participe à la réduction de l'activité dans les pays riches au profits des pays à main d'oeuvre moins chère.
LES MARGES RESTENT BENEFICIAIRES POUR LES ACTIONNAIRES
Pendant que les salariés revoient à la baisse leurs budgets vêtements, loisirs et alimentation, d'autres consultent déjà les catalogues de voyages pour les fêtes de fin d'année. Car la crise ne touche pas tout le monde dans cette économie mondialisée. Les actionnaires s'en tirent toujours bien car les constructeurs français restent bénéficiaires.
Certes, pour Peugeot-Citroën, la marge bénéficiaire n' atteindra que 1,3% au lieu des 3,5% initialement prévus en juillet et plus touché que Renault, PSA pourrait cependant afficher une perte de 300 millions d'euros au second semestre. Mais la vraie raison de cet ajustement brutal tient à un changement d'objectif : alors que pendant des années les constructeurs français cherchaient à conquérir de nouveaux marchés, ils partent depuis un mois à la conquête du cash, la matière première la plus rare du moment. A la baisse des ventes s'ajoute donc une stratégie de diminution des stocks, à coups de promotion, genre une voiture achetée, une offerte. Car c'est bien la crise des liquidités qui mène la danse devant le carnet de commande qui sur un marché mondialisé trouvera les parades nécessaires.
Les banques ont encore de beaux jours devant elles... et les salariés n'ont plus qu'à espérer qu'on pensera à les faire partir à la pré-retraite dans de bonnes conditions pour les plus âgés d'entre eux et à les reconvertir de manière durable et en anticipant le plus possible dans une nouvelle vie professionnelle qui leurs convienne. Les collectivités locales ont un rôle primordial à jouer aux côtés de ces salariés menacés et ce n'est pas en occultant la menace que la catastrophe économique sera évitée. On attend donc avec impatience les propositions des chefs de file de la droite alsacienne, y compris moderne !