Même à l'arrêt, un site industriel pollue

Nous lisions dans la presse il y a quelques jours que la dépollution des sites industriels étaient enfin votre priorité, et nous nous en réjouissons.

D'autant que ce site pollué occupé par Rhodia n'est qu'à 30 mètres des premières habitations.... et que d'un point de vue hydrogéologique, l'installation est implanté sur les alluvions de la Doller, en direct liaison avec la nappe alluviale de la plaine d'Alsace. On se souvient tous de la pollution de l'eau par des chloronitrobenzènes en 1986 !

A ce jour encore, un système de dépollution est nécessaire et en vertu du principe de précaution, un arrêté préfectoral datant de 2008 a instauré des restrictions d'usage de l'eau dans un périmètre précis notamment par le biais de puits privés dont on ne connait pas le nombre et les localisations exactes. Nous proposons donc de lancer un recensement intercommunal puisque cela concerne aussi bien Mulhouse, Illzach, Kingersheim, Pfastatt, Sausheim, Baldersheim, Wittenheim afin de pouvoir protéger la population de manière beaucoup plus efficace.

Sur la base du principe pollueur/payeur, quelle garantie avons-nous que Rhodia va continuer à financer cette dépollution qui lui coûte aux alentours de 250 000 euros par an puiqu'elle a arrêté d'exploiter son site ? alors que depuis 1987 ce sont déjà plus de 181 tonnes de CNB qui ont été extraites de la nappe.

Le plan de gestion du site et de la pollution doit donc être exemplaire, pour la commodité du voisinage, pour la santé, la sécurité et la salubrité publique, pour la protection de l'environnement.

Concernant la qualité des sols, qui relarguent encore actuellement des substances vers la nappe et qui doivent donc être sérieusement pris en compte dans le plan de gestion, nous pensons qu'il ne faut pas se cantonner à la recherche des molécules polluantes présentes majoritairement (et on trouve des concentrations extrêmement importantes sur le site) comme les chloronitrobenzènes dont l'un des isomères est suspecté d'être cancérigène particulièrement pour les cellules sanguines et les cellules du foie, et nous souhaitons que l'étude effectuée par un organisme indépendant et reconnu comme c'est prévu par l'arrêté préfectoral soit plus poussée même sur les substances secondaires afin d'être sûr qu'il n'y ait pas de danger pour la population et l'environnement naturel.

Cette étude devra bien sûr, dans un souci de transparence totale, être rendue publique.

Nous serons particulièrement vigilants sur les propositions de l'entreprise s'agissant de ces terres polluées et de la solution retenue, particulièrement s'il s'agit d'excavation et de déplacements car la méthode pratiquée autrefois qui utilisait des terres polluées comme remblai sur d'autres sites doit être totalement proscrite.

Nous espérons donc que la réalité de la dépollution de ce site sera conforme à des objectifs ambitieux aussi bien en terme d'efficacité que de méthode car ce plan de gestion doit permettre de maitriser les sources de pollution sur le site et les impacts en dehors du site.

Or dans ce type de démarche, un bilant coût/avantages sera réalisé, nous espérons que la Ville de Mulhouse, en partenariat avec la DRIRE, pèsera de tout son poids pour faire pencher la balance du côté avantages et notamment pour la santé des Hommes et de la Nature.... même si ce site est destiné à garder une vocation industrielle ou logistique.

La réussite de ce chantier de dépollution dépendra aussi de notre volonté politique c'est pourquoi nous suivrons ce dossier avec beaucoup d'intérêt !