Jacques Bigot, Martine Aubry et Antoine Homé face aux syndicalistes

Martine Aubry est venue en Alsace dans le cadre des élections régionales 2010. En présence de Jacques Bigot, Antoîne Homé, des élus comme Patricia Schillinger ou Jo Spiegel, de nombreux colistiers et moi-même, une rencontre avec de nombreux représentants syndicaux d'entreprises qui licencient ainsi que ceux de l'AFPA.

Ces délocalisations qui détruisent nos emplois

Le textile a été l'un des premiers secteurs à être victime de ce phénomène. L'Alsace a d'ailleurs payé un lourd tribut, elle qui avait particulièrement dans le Haut-Rhin, développé cette industrie. Selon la fédération CFE-CGC-Unsa des télécoms, entre 1998 et 2008, le secteur des télécommunications a perdu 28.000 emplois, soit près de un sur cinq ... Le secteur de l'automobile n'est pas en reste même si pour l'instant le site de Peugeot Mulhouse a été relativement épargné. Il est vrai qu'il y a eu de l'argent public pour les deux groupes Renault et Peugeot–Citroën mais rappelons qu’entre 2000 et 2007 près de 20 000 emplois avaient déjà été supprimés chez les constructeurs et 14 000 chez les équipementiers. Les plans sociaux évidemment se poursuivent et la délocalisation d'une partie de la production chez Peugeot avec sa Dacia en Pologne a succédé à celle de Renault avec sa Logan en Roumanie.

La logique est simple et planétaire

Le mot maître est le profit, un syndicaliste disait ce matin à Martine Aubry avec beaucoup d'émotion, combien le monde du travail s'était déshumanisé. Les pertes d'emplois que connaissent les salariés de Clariant, Hymmer et toutes les autres entreprises qui étaient présentes ce matin sont planifiées dans un cadre de stratégie de groupe afin de dégager le profit maximum.

Des réponses nationales et régionales

Ce sont donc les secteurs industriels à forte concentration de main d'œuvre à faible qualification qui sont touchés par les délocalisations. Jacques Bigot a souligné très justement que la Région pouvait intervenir sur le niveau global de qualification en Alsace grâce à la compétence formation et lycées. Les emplois proposés en France évoluent : on assiste à une disparition des emplois peu qualifiés mais à une augmentation des emplois cadres. L'internationalisation des entreprises se traduit par un renforcement de l'activité amont, comme le marketing, la finance et la recherche, les efforts d'accompagnement réalisés sont trop faibles tout comme l'investissement dans l'innovation. La Région Alsace et son Université a une carte à jouer !

Martine Aubry apporte la réponse nationale : favoriser les PME et petits artisans véritables créateurs d’emplois, supprimer les niches et boucliers fiscaux, adopter une fiscalité différente suivant les entreprises qui ré-investissent leurs bénéfices dans la recherche et la promotion de l’entreprise par rapport à celles qui ne pensent qu’à la redistributions des bénéfices aux actionnaires. Enfin, anticiper et travailler en tant que Région avec le tissu économique dans le cadre d'un plan régional de développement économique qui sécurise le parcours professionnel des salariés, une évidence pourtant mal explorée jusqu'à présent en Alsace !