Nous ne pouvons que nous réjouir de cette volonté affichée aujourd’hui dans une délibération même si, et c’est fort dommage, vous n’avez pas partagé un diagnostic clair de la problématique du vélo avec l’ensemble du conseil. Peut-être aurait-il révélé ce que nous savons tous : que de temps perdu à Mulhouse quant à la place du vélo dans la ville !

Evidemment la priorité c’est la sécurité et donc la continuité et la lisibilité des aménagements et avant de privilégier les sites propres. Bien sûr les équipes qui ont travaillé sur ce plan d’actions connaissent leur sujet mais la Ville a singulièrement manqué d’ambition en la matière. L’objectif que vous annoncez pour 2020, est de passer de 3 % (ce qui très faible pour une ville du bassin rhénan)à 6 % et d’atteindre 9 % en 2025… à Strabourg, pour comparaison, on en est à ce jour à 14 % et l’objectif sur l’ensemble de la CUS est d’arriver à 20 % en 2025.

Si des aménagements sont nécessaires voire urgents en terme de sécurité (la rue des couvents-tanneurs est un bel exemple et s’il n’y a pas plus de victime c’est parce que les trottoirs ont été abaissés), il faut entendu d’abord étendre et renforcer le réseau cyclable en site propre. Ce qui signifie que l’armature dont vous parlez devrait être traitée prioritairement en site propre et donc en piste et non pas en band, surtout dans les aménagements prévus pour desservir les écoles car nous partageons complètement cette approche avec les nouvelles générations, encore faut-il que les parents et les enfants soient totalement en confiance et nous en sommes loin à ce jour. Nous demandons donc une accélération des efforts engagés, y compris budgétaires.

S’agissant de Mulhouse ville 30, à l’heure où les Mazeratti déferlent à tombeau ouvert dans la zone 30 de la ville le samedi après-midi, nous défendons néanmoins cette idée pour apaiser la ville et limiter enfin les nuisances sonores pour les habitants du centre ville. C’est pourquoi nous nous demandons pourquoi vous prévoyez d’attendre 2018 voire 2019 pour réduire la vitesse en ville e Il paraît au contraire intéressant d’étudier l’extension de la zone piétonne et des zones de rencontre au-delà de l’hyper-centre puisque nous avons une navette qui circule et qui pourrait très largement voir étoffer sa fréquentation. Il y a là également un enjeu de santé publique avec les épisodes de pollution que connait la ville.

Ce plan d’actions a le mérite d’exister et nous y retrouvons beaucoup de propositions intéressantes que nous défendons. Les expérimentations dans le domaine du numérique ne doivent pas nous empêcher de penser aux personnes adultes qui ne savent plus ou pas rouler à vélo. Aussi il nous semble important d’ajouter une vélo-école à ce plan d’action. Une attention particulière pourrait être portée aux habitants des quartiers, dans un souci de mobilité, de désenclavement et d’accès à toute la ville, sans oublier l’aspect financier lié au faible coût des déplacements cyclables pour les usagers, en les aidants à franchir cette barrière souvent plus psychologique que technique.

On dit souvent qu’environ deux-tiers des déplacements se font sur des distances inférieures à 3 kilomètres et pourraient donc être parcourues à vélo en moins de 15 minutes. Il suffit de regarder le parking voiture et le parking vélo du Parc Expo pour constater que la marge de progression en matière d’usage du vélo est énorme. Derrière, on trouve des enjeux environnementaux et économiques et un nombre important de nouveaux acteurs doivent être impliqués mais nous souhaitons qu’une place importante soit donnée à l’économie sociale et solidaire chaque fois que cela sera possible. En conclusion, nous considérons que le travail fourni et la méthode utilisée ont été satisfaisantes et nous voterons donc ce plan d’action malgré l’absence partielle d’objectifs chiffrés et de calendrier en terme de réalisation.