Madame Le maire,

Nous prenons acte de ce premier rapport annuel de notre collectivité, rapport sur la situation en matière d’égalité entre les femmes et les hommes, qui doit présenter le bilan des actions conduites au titre des ressources humaines de la collectivité territoriale et dans une autre partie le bilan des politiques publiques mises en œuvre sur le territoire pour favoriser l’égalité femmes-hommes.

Avec plus de quatre ans de mandat, vous nous annoncez enfin la création d’un comité consultatif et une réflexion pour un futur plan d’action… Mieux vaut tard que jamais et nous participerons aux travaux si vous nous y invitez.

Pour le bilan des actions au titre des ressources humaines, on peine à trouver matière et cela nous incite à poser deux questions : - pourquoi n’y a-t-il pas de référent égalité au moins par direction de notre collectivité ? - quelles sont les améliorations concrètes dans ce domaine depuis 4 ans au sein de notre collectivité ?

Puisque l’égalité salariale est le sujet phare dans cette thématique, il faut souligner que le rapport n’est pas très explicite même si on comprend très vite qu’à Mulhouse comme ailleurs, hélas, on peut trouver une différence entre les salaires des femmes et des hommes. Pour y voir clair, nous vous proposons de comparer à l’avenir des salaires mensuels nets versés en euros et de mesurer l’écart tout en le comparant à l’écart constaté nationalement.

Cela s’appelle la transparence et cela permet surtout d’avancer clairement vers des objectifs d’égalité comme celui énoncé page 17 : inciter à la féminisation des postes au sein de la collectivité. Soit, alors pourquoi ne pas commencer par décliner les offres d’emploi internes à la collectivité au féminin en faisant appel à l’écriture inclusive ?

Pour que l’égalité progresse concrètement, il faut passer des discours aux actes et aux moyens, que ce soit par rapport aux violences, inégalités salariales, précarité sociale et économique des femmes, discriminations professionnelles et politiques.

Nous avons besoin de politiques publiques à la hauteur des enjeux car les comportements réactionnaires et sexistes ont encore la vie dure et reviennent en force y compris dans des pays comme le nôtre. La violence sociale liée au genre est une réalité dans les rues et les espaces privés de notre ville.

En 2017, 410 nouvelles femmes ont osé pousser la porte du CDIFF, à Mulhouse près de 90 % des familles monoparentales sont des femmes. Le planning familial n’a pas les moyens de répondre à toutes ses missions. En 2017, 7000€ ont été accordés à 5 associations (Planning Familial, Mouvement du Nid, Solidarité Femmes 68, CIDFF, Appuis).

Ce n’est clairement pas assez au vu de l’ampleur de l’actualité révélée par les statistiques mais aussi les mouvements sur les réseaux sociaux.