Cléo Schweitzer

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Tag - CAMSA

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dimanche 29 juin 2008

NON A L'AUGMENTATION DES TARIFS PERISCOLAIRES !

Vous êtes impatients ? nous aussi !!!
Pas un jour où l’on ne pense ou parle du pouvoir d’achat, alors pourquoi ne pas faire le choix politique de proposer un tarif le plus bas possible pour aider les ménages à faire face à l’augmentation du coût de la vie ?
C’est dans cet esprit que Pierre Freyburger, Dominique Caprili et moi-même avons voté contre l’augmentation des tarifs périscolaires proposés par la CAMSA !!!

mardi 24 juin 2008

BIOSCOPE ACTE 3

Pour rappel :

Acte 1 de l’histoire du Bioscope c’est son atterrissage raté au milieu des champs du côté d’Ungersheim, juste à côté de l’Ecomusée.
Acte 2 : le hasard fait bien les choses, l’Ecomusée se meurt et la Compagnie des Alpes est tout à fait disposé à reprendre les rênes…
Acte 3 : Après le Conseil Régional et le Conseil Général, la CAMSA prête à faire le plongeon ?

Les protagonistes :

La CAMSA, communautés de communes pas vraiment réussie et donc handicapée sérieusement sur l’aspect budgétaire où je siège en tant que représentante de l’opposition mulhousienne de gauche.
Les mairies d’Ungersheim et de Pulversheim propriétaires des terrains concernés par le projet du projet Bioscope-Ecomusée-Carreau Rodolphe et membres de la CAMSA.

La Caisse des Dépôts et Consignations : elle est régie par le code monétaire et financier (Art. L 518-1) qui définit son rôle :
“La Caisse des dépôts et consignations et ses filiales constituent un groupe public au service de l’intérêt général et du développement économique du pays. Ce groupe remplit des missions d’intérêt général en appui des politiques publiques conduites par l’Etat et les collectivités locales et peut exercer des activités concurrentielles.”
Cet organisme financier est un partenaire de plus en plus indispensable pour le montage des projets importants des collectivités locales. Aussi la voix de son représentant local pèse-t-elle souvent bien plus que celles de nombre d’élus locaux.

La Compagnie des Alpes : cette société anonyme est une filiale de la Caisse des D&C et fonctionne en concession de service public. Elle gère des domaines skiables et des Parcs de Loisirs.

Pierre et Vacances : ce groupe est le leader européen des résidences de vacances. Sa réussite repose sur un modèle économique basé sur la synergie entre l’immobilier et le tourisme. Aujourd’hui, le Groupe est présent en Europe avec huit marques complémentaires : Pierre & Vacances, Adagio City Aparthotel, Maeva, Résidences MGM, Hôtels Latitudes, Center Parcs, Sunparks et Citéa.

Le développement durable est l’une de leur valeur fondamentale, selon les dires de son représentant chargé de faire aux élus de la CAMSA une présentation surprise du projet d’implantation l’autre jour à la place de la séance de commissions réunies. Il se trouvait justement que quelques jours auparavant, j’avais fait part au président de la commission environnement de mon souhait quant à une présentation détaillée de ce projet dont nous autres, humbles élus de base et citoyens lambdas ne savons rien ou presque. L’élu en question et le fonctionnaire qui présidaient la séance m’ont promis de retenir l’idée. A peine trois jours après, mes désirs étaient exaucés, je me demande s’ ils n’étaient pas au courant, hypothèse surprenante pour un membre du bureau de la CAMSA et le Directeur des Services …

Mais revenons au coeur de ce dossier : le Bioscope, un projet de 61 millions d’euros dont 49 % ont été financés par le Conseil Régional et le Conseil Général. Une délégation de service public permet à la compagnie des Alpes d’exploiter pendant 30 ans tout en reversant une redevance indexée sur le chiffre d’affaire. A ce jour, 40 millions ont déjà été investis.

La fréquentation en dessous des prévisions au départ a contribué à un repositionnement du Parc qui connait une augmentation et prévoit un objectif de 170 000 visiteurs en 2009.
En 1996, l’Ecomusée d’Alsace avait connu une affluence de 385 000 visiteurs…
45 millions d’euros d’argent public après, on a un résultat pas convaincant du tout même si le passif de 2 millions d’euros de la société Ecopark qui co-gérait l’Ecomusée a été épongée par la Compagnie des Alpes !
A ce stade, le projet n’est pas intéressant pour les investisseurs : il faut lui donner une dimension européenne, après l’annexion de l’Ecomusée.
Ainsi comme le Bioscope à lui seul ne représente pas vraiment d’intérêt, il s’agit de construire un concept touristique sur le thème de l’environnement avec un Ecomusée, un Parc de Loisirs, un Village de vacances et un Parc Aquatique !
Le village dont la création sera à l’origine de la disparition de 15 hectares de surfaces naturelles essentiellement boisées sera constitué de 350 maisons à très haute performance environnementales, sans cabane dans les arbres ou alors une si vraiment l’un des arbres remarquables s’y prête !
L’aquadôme serait lui situé sur le carreau Rodolphe avec un projet qui ne prévoit qu’une utilisation partielle du carreau, la question de la réhabilitation de ce site restant en question malgré les tentatives d’anciens mineurs de sauver ce monument de l’histoire du bassin potassique !
Enfin la géothermie et l’utilisation d’anciens bras de la Thur comme mode de liaison des différents pôles du site Bioscope-Ecomusée-Village-Aqualud mettent la touche verte définitive au projet.

S’agissant de l’aspect économique, 75 emplois sont annoncés (20 CDI et 55 saisonniers), emplois flexibles et concernant les habitants proches du site. La formation sera assurée par Pierre et Vacances.
Des emplois indirects seraient également générés, ce qui, par un calcul savant, permet d’annoncer par les investisseurs un total de 172 emplois directs et indirects, dans une hypothèse haute.
Les taxes d’urbanisme représenteraient une somme de 1 500 000 euros, la taxe professionnelle un montant de 250 000 euros, taxes foncières 200 000 euros, taxe de séjour 120 000 euros.

Deux problèmes majeurs semblent se dégager de ce dossier, en tout cas pour un certain nombre d’élus.
Le premier concerne l’Aqualud,estimé à 20 millions d’euros et pour lequel la Compagnie des Alpes s’engage à mettre 6 millions d’euros, condition sine qua none du projet pour l’opérateur du Village, qui ne voit pas comment attirer les familles sur ce site sans piscine… ce qui laisse songeur sur la réussite pédagogique ou ludique dudit Parc Bioscope ! Le problème, c’est que la CAMSA est sollicitée pour l’investissement dans le parc aquatique à hauteur de 7 millions d’euros alors qu’une piscine à Wittenheim était promise depuis… son adhésion à la Communauté de communes de l’agglomération mulhousienne. Le pôle nautique entre donc en concurrence avec la piscine communautaire et même si le bassin de natation est annoncé comme disponible toute l’année, situé sur le carreau Rodolphe et en partie dépend de l’infrastructure totale de l’Aqualud, on imagine très mal la cohabitation des scolaires, des retraités, des vacanciers, des clubs, etc !

Alors que le Bioscope connaît des difficultés pour décoller, que l’Ecomusée n’est toujours pas sorti d’un passage difficile et s’apprête à licencier 6 personnes car à peine 20 % de la billetterie commune revient à l’Ecomusée, qu’un projet privé est en passe de prendre la priorité à un projet public en régie, qu’on lance un plan climat sur toute l’agglomération, que l’avenir du carreau Rodolphe, déjà classé comme patrimoine, reste complétement vague, la solution serait-elle vraiment d’adhérer au Symbio, le syndicat concerné, pour rejoindre le club des verseurs de subventions dans ce qui ressemble déjà à un puit sans fond ?

C’est là toute la question, et l’alibi de l’environnement et du développement durable ne doit pas servir à cacher la vraie question :

LE BIOSCOPE ET SES DERIVES SONT-ILS VRAIMENT NECESSAIRES ET OPPORTUNS DANS LA PERSPECTIVE D’UN DEVELOPPEMENT DURABLE EN ALSACE ?