La violence conjugale devient un délit quant les femmes surmontent leurs peurs...

POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE

Cette phrase déclarée par les officiers de la République qui marient les couples, disparaitra peut-être un jour de ces quelques formules obligatoires qui font partie du protocole car aucune femme ne devrait subir le pire surtout dans la famille qu'elle a créée... Et pourtant... La violence conjugale bénéficie du secret du privé, ce qui permet aux auteurs d’asseoir leur contrôle dans l’impunité. Elle constitue la forme la plus fréquente de violence envers les femmes. Elle fait partie de l’héritage patriarcal qui est caractérisé par le déséquilibre des rapports de pouvoir entre les sexes dans nos sociétés.

Selon les résultats de l’enquête nationale sur les violences envers les femmes en France faite en 2000 (ENVEFF), il est désormais établi que contrairement à certaines représentations, selon lesquelles les violences toucheraient les femmes de milieux défavorisés, les chiffres montrent que le phénomène atteint des femmes de tous les milieux, dans la vie privée, dans les espaces publics comme au travail mais une femme sur 10 se trouvait ainsi dans une situation de violence conjugale au moment de l'enquête.

L'enquête a également permis d'estimer qu'environs 50 000 femmes, entre 20 et 59 ans, sont victimes de viol au cours d'une année. Ces viols sont principalement commis par des proches; le viol par des inconnus dans les espaces publics, ou dans le cadre du travail reste un phénomène relativement rare. L'immense majorité des viols ne sont pas déclarés à la police. L'enquête permet d'évaluer tout l'écart qui existe entre la réalité et les statistiques officielles.

En Europe, 4 millions de femmes sont victimes de violences en privé.

LA VIOLENCE CONJUGALE A PLUSIEURS VISAGES

A ne pas sous-estimer la violence psychologique s’exprime par des attitudes diverses, des propos méprisants, humiliants. Le compagnon violent renvoie à la victime une image d’incompétence, de nullité. Il l’atteint dans son image à travers le regard des autres. Progressivement la victime perd confiance en elle-même en ses possibilités. Mais il y a aussi la violence économique qui emprisonne à vie les femmes devenues dépendantes, ce fut le cas pour les générations antérieures de femmes qui n'avaient pas accès au monde du travail comme nous l'avons aujourd'hui et c'est sûrement le secret de bien des noces d'or ou de platine.

Des chiffres terrifiants nous donne une idée de l'ampleur du problème s'agissant de violence physique : "En France, une femme meurt de violences conjugales tous les cinq jours", explique le professeur Roger Henrion, membre de l'Académie nationale de médecine et responsable d'une étude pour le ministère de la Santé.

UN PLAN D'ACTION NATIONAL COMPLETE PAR UN PLAN D'ACTION MUNICIPAL

On le constate, la sécurité des femmes est sérieusement remise en cause. A Mulhouse, lors du dernier conseil municipal, alors que dans la journée un député venait de tuer son ex-concubine et de se suicider laissant deux orphelins traumatisés à vie, j'ai interpellé le Maire sur cette question. La pauvreté de la réponse, j'ai été invitée à la conférence de presse inaugurale de cette journée.... m'inquiète au plus haut point ! Pas de mesure concrète, pas de moyens financiers, rien à part des partenariats..... Quant on voit le budget alloué à la question de la sécurité à Mulhouse on ne peut qu'en conclure que cette question est traitée à la légère, et tant pis pour la prochaine femme qui mourra sous les coups de son homme.

Quant à nous, les femmes, ouvrons l'oeil car c'est de nos copines, de nos collègues ou de nos voisines qu'il s'agit !!!