En rejetant la possibilité d’un décret d’abrogation de l’autorisation d’exploiter pour la centrale nucléaire de Fessenheim, le conseil d’administration d’EDF entrave la volonté politique du gouvernement qui souhaitait entamer une baisse de la part du nucléaire dans le mix énergétique français et créer une filière de démantèlement de centrales. Cette décision est d’autant plus regrettable car elle est prise dans un contexte préoccupant de problèmes techniques et financiers pour EDF. La filière du nucléaire déjà ébranlée par la catastrophe de Fukushima est touchée par le scandale des pièces non conformes à la règlementation fournies aux centrales françaises par la Forge du Creusot alors même que l’Autorité de Sûreté Nucléaire avait tiré la sonnette d’alarme à plusieurs reprises. Ce problème de sécurité grave concerne un générateur de vapeur, fabriqué en 2008, et installé sur le réacteur 2 de la centrale de Fessenheim en 2012. Il est donc évident qu’au-delà de son âge et de sa localisation, la fermeture de cette centrale est inévitable et nécessaire.

Il appartenait au gouvernement, dans le cadre de la transition énergétique, de mener cette fermeture avec un véritable plan de conversion des emplois en partenariat avec le territoire. Cet échec est celui de tout un pays incapable de planifier la sortie progressive du nucléaire avec courage, réalisme et pédagogie.