Cléo Schweitzer

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Tag - Jeunesse

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lundi 22 décembre 2014

INTERVENTION SUR LE BUDGET PRIMITIF DE LA POLITIQUE JEUNESSE 2015

Monsieur le Président, Chers collègues,

Votre politique jeunesse a toujours affiché une certaine ambition. Une ambition qui ne se traduit pas forcément budgétairement puisque nous constatons une baisse importante du budget entre 2014 et 2015 .… Mais il est vrai et vous le soulignez régulièrement, que la transversalité du sujet ne permet pas une exégèse budgétaire très fine de l’investissement de la Région pour sa jeunesse. D’emblée, nous tenons à saluer la qualité de travail de la commission à l’écoute de nos demandes et toujours réactive, on l’a vu il y a quelques jours en obtenant encore les résultats du dispositif Pass Créa Alsace qui semblent encourageants malgré un démarrage tardif dans le Haut-Rhin.

Quelques remarques néanmoins… Le TER de l’Orientation, même sérieusement dépouillé budgétairement, roule encore… Nous avons toujours marqué notre opposition à ce dispositif et, avec le recul, nos remarques étaient plutôt fondées. On nous avait présenté le dispositif comme l’outil parfait pour irriguer le territoire alors qu’aujourd’hui vous nous annoncez son maintien dans les grandes villes, là où des structures travaillent déjà toute l’année sur les problématiques ciblées de l’orientation. Il y a pourtant une réelle vigilance à apporter sur les conditions de mise en œuvre du SPRO (Service Public Régional de l'Orientation) au niveau infra-régional afin de réduire et d’accompagner l’éloignement et la faible couverture de certains territoires ruraux. Pourquoi ne pas y consacrer le budget affecté au TER de l’orientation ?

Pour nous la consécration du service public de la formation et la création du Service Public de l’Orientation est une très bonne chose. Car il est le seul en mesure d’assurer la continuité, la gratuité, et son adaptabilité aux besoins des publics aussi divers que nous connaissons. S’agissant des missions locales, nous approuvons tous les moyens qui lui sont dédiés même s’ils ne sont pas suffisants car nous le répétons la qualité de suivi des dossiers pour les conseillers des missions locales est liée au nombre trop important de jeunes que chacun d’entre eux doit suivre et les empêche de faire un travail de dentelle pourtant indispensable dans certains cas. Vous nous annoncez une légère augmentation de la dotation annuelle globale (40 000), tant mieux, mais si elle est liée à une augmentation potentielle du public concerné, elle ne sera pas significative pour une meilleure qualité de service. Vous nous avez présenté un audit sur les missions locales dont nous avons partagé les conclusions et les problématiques soulevées, nous serons attentifs aux réponses qui seront apportées lors des prochains conventionnements dont nous ne savons rien à ce jour. Tout ce que nous savons c’est que la ligne budgétaire des outils des conseillers de mission locale est sévèrement rabotée !

Les difficultés auxquelles les jeunes adultes sont confrontés ne se limitent toutefois pas uniquement à une intégration difficile sur le marché du travail. Même lorsqu’ils en ont trouvé, le logement, la mobilité, la santé ou la situation familiale, mais aussi la culture, le sport et les loisirs jouent autant un rôle essentiel dans l’intégration sociale des jeunes adultes. La question de l’accès à l’autonomie des jeunes est un chantier important en Alsace et la politique régionale de la jeunesse n’a pas toujours véritablement aidé ceux qui en ont le plus besoin. Vous vous étiez engagés par exemple, en 2010, à mettre en place un Passeport pour la culture et les loisirs intégrant une offre de transport à des horaires adaptés. Vous ne l’avez pas fait.

Nous avons eu l’espoir en lisant l’introduction de votre document que vous aviez pris la mesure de la pauvreté qui se développe chez les jeunes, dans les quartiers de la politique de la ville mais aussi dans l’ensemble des pôles urbains, et nous avons espéré découvrir enfin un plan d’action transversal qui aborde la question de la pauvreté chez les jeunes adultes qui dans les cas les plus graves sont en sans domicile fixe, d’autres en souffrance mentale. Un jeune n’est pas un adulte comme les autres et s’il est vrai qu’il existe des politiques de prises en charge sociale qui relèvent d’autres collectivités, nous n’avons pas retrouvé, je cite votre engagement de 2010 « le pacte entre la Région et les deux départements au service des personnes les plus vulnérables, exposées à la précarité ». Vous vous étiez également engagé, je cite toujours votre programme de 2010, « avec les Conseils Généraux, nous développerons un accompagnement personnalisé de 1000 collégiens, issus de milieux modestes, vers des filières d’excellence » Cette approche est pourtant indispensable car de l’école à l’emploi, les trajectoires des jeunes sont marquées socialement. La France est l’un des pays où le milieu social influe le plus sur les résultats scolaires avec des effets directs sur l’insertion professionnelle.

Enfin, pour terminer, vous lancez à la fin de votre mandat et à l’aube d’une nouvelle région, un chantier sur le numérique et les jeunes. Si l’objet est louable, nous vous rappelons que vous aviez déjà évoqué une approche de cette thématique pour les jeunes en début de mandat, certes différente et moins aboutie mais une approche totalement abandonnée en cours de route. Dans un esprit constructif, nous avons regardé ce que faisait par exemple la Lorraine en matière de numérique pour les jeunes. Vous trouverez sur le site « Jeunes en Lorraine », une rubrique ma vie en numérique qui recense les actions de la Région Lorraine dans ce domaine notamment sur les pratiques des réseaux, mais aussi, par exemple, un appel à projet orange numérique pour des projets touchant à l’insertion des jeunes dans le monde du numérique. Puis nous avons basculé en Champagne Ardenne qui possède déjà un observatoire jeunesse et multimédia car ils sont également conscients de cet écart entre les usages et les savoirs en matière de numérique et qui développe un certain nombre d’outils comme l’application smartphone Supercapps pour les jeunes de leur région et d’autres projets de médiation numérique. Nous en concluons donc que la page numérique que vous proposez d’écrire pour les jeunes Alsaciens pourra s’appuyer en convergence sur des projets déjà entrepris dans les deux autres régions que nous sommes amenés à rejoindre.

Monsieur le Président, en matière de politique jeunesse, année après année et malgré une forte participation de notre groupe politique notamment en commission, force est de constater que vous êtes resté à la surface des choses et vous êtes donc passé à côté d’une politique jeunesse ambitieuse et stratégique, capable de répondre aux défis de l’avenir. Nous voterons CONTRE ce budget.

mardi 11 janvier 2011

INTERVENTION SUR LE BUDGET JEUNESSE A LA REGION ALSACE

SÉANCE PLÉNIÈRE 16 ET 17 DÉCEMBRE 2010

Intervention de Cléo SCHWEITZER pour le groupe Socialistes et Démocrates

BUDGET PRIMITIF 2011 - JEUNESSE

Monsieur Le Président, Chers collègues,

Nous sommes au moins d’accord sur un point, nous nous accordons tous, ici, je l’espère, à reconnaître le «devoir d’avenir» de notre société envers sa jeunesse, et le potentiel qu’elle représente pour le pays et notre région. Ce devoir nous oblige, en tant que responsables politiques, à œuvrer pour que les adultes de demain puissent vivre dans les meilleures conditions environnementales.

Plus concrètement, c’est par la mise en place des conditions permettant une formation ambitieuse pour l’avenir du jeune, et de véritables droits d’accès, à l’emploi, au logement, à la santé, à la mobilité, qu’il pourra construire, par lui-même, son autonomie. Il est évident que l’État n’assume pas pleinement ses responsabilités à l’égard des jeunes comme le montre les réformes successives ainsi que la mise en place du « RSA Jeune » qui, en plus de l’aveu d’échec qu’il incarne, ne bénéficie vraiment qu’à une minorité en raison des conditions d’attributions drastiques et sans cohérence avec les réalités du terrain; on tend donc à se tourner vers les collectivités locales, en espérant que celles-ci pallieront aux défaillances de l’Etat.

Lors de la présentation du Projet Régional de la Jeunesse, nous sommes intervenus pour expliquer en détail notre analyse et souligner les nombreuses lacunes de ce Plan qui à nos yeux vise à persuader que la Région agit pour les Jeunes alors que par ailleurs, le budget global en direction de l’Education et à la Formation est en baisse de 9,5 %, soit plus de 28 M d’euros. Nous n’y reviendrons donc pas en profondeur mais nous tenions à rappeler pourquoi nous voterons contre ce budget consacré à la jeunesse qui, à notre avis, présente plusieurs défauts majeurs.

D’abord, concernant la formation et l’emploi, nous faisons le constat d’une trop faible prise en compte de la montée en puissance du phénomène de précarité et de paupérisation que rencontre beaucoup de jeunes, y compris chez les jeunes actifs. Les poches de précarité dans les agglomérations mais aussi dans certains territoires ruraux ne sont pas la cible d’actions prioritaires et innovantes, et nous le regrettons fortement. Sur l’inclusion professionnelle, il est évident que l’insuffisance globale du nombre d’emplois stables et de stages offerts aux jeunes est le problème majeur pour les années à venir. Dès lors, il nous paraissait important de conditionner les aides que peut apporter le Conseil Régional aux entreprises à la prise en compte de cette préoccupation. Cependant, cette option est partiellement retenue, puisque le nombre d’emplois qui bénéficieront de ce type d’aide (AREJ Plus) sera réduit à peau de chagrin, votre budget n’annonçant que 325 000 € de crédits pour ce dispositif alors que la somme annoncée était de 500 000 € dans le Projet Régional pour la Jeunesse, et qu’elle était de 2 millions d’euros quand votre 1er Vice-président avait présenté Agir pour l’Emploi.

Concernant l’orientation, le Programme Régional d’Information et d’Orientation (PRIO) ne peut que s’affaiblir globalement puisqu’il reposera sur les Maisons de l’Emploi qui à l’heure où nous parlons comptabilisent une baisse de 40 % de leurs budgets.

L’Orient Express ne créé qu’un dispositif supplémentaire dans le millefeuille du monde de l’orientation qui ne concerne que les jeunes motivés or ce ne sont pas ceux qui en ont forcément le plus besoin. Il s’agira d’une belle opération de communication au bénéfice de la Région (nous aurions souhaité une remise en cause de cette mesure pour dégager les crédits sur une vraie priorité).

Enfin, nous voulions dire quelques mots sur la santé, grande absente... l’évolution de notre société et de nos modes de vie développent un mal être tangible et des comportements sanitaires inquiétants : conduites additives, accidents, violences, obésité et mal bouffe dont les jeunes Alsaciens ne sont pas épargnés... Il y a une nécessité d'éducation à la santé, de prévention notamment pour les lycéens quasiment abandonnés par le système de santé scolaire car les moyens sont largement insuffisants. Nous aurions souhaité qu’au moins une des thématiques santé soit soutenue de manière significative, ce n’est pas le cas.

En conclusion, nous sommes tentés de dire qu’essayer de pallier au désengagement de l’Etat dans les différents domaines qui concernent prioritairement la jeunesse, hormis le service civique, ne constitue pas une politique régionale de la jeunesse. Les associations locales étant les laissées pour compte de la politique de la jeunesse et de la vie associative nationale, le Conseil Régional, sans véritablement toucher ceux qui en ont le plus besoin avec moins de moyens ne pourra contribuer au rétablissement de l’égalité des chances, y compris dans les trois priorités que vous avez retenus dans votre rapport. Nous voterons donc contre ce budget consacré à la jeunesse.