Cléo Schweitzer

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Tag - Mulhouse

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jeudi 9 février 2017

Massacre à la tronçonneuse…

L’indignation est légitime lorsqu’on voit les dégâts irréversibles pendant plusieurs décennies le long de l’Ill à Mulhouse… Ces abattages de grande ampleur menacent la faune et des espèces protégées.

Comment une erreur de cette importance évoquée par le Syndicat mixte de l’Ill est-elle possible ? Comment les élus mulhousiens délégués au sein du Syndicat ont-ils pu laisser faire un tel saccage ?

Alors que le Maire communique sur la politique de l’Arbre à Mulhouse, les arbres tombent en silence !

Dans un corridor écologique précieux, cette coulée verte qui fait l’objet de toutes les communications de la municipalité vient de subir une perte importante et se trouve exposée à des risques comme l’envahissement de végétaux invasifs comme la Renouée du Japon.

La régénération de ces végétaux va entraîner un surcoût important pour la collectivité pendant de nombreuses années…

Il est temps de passer à un véritable plan de gestion écologique de notre Nature en ville qui doit concilier la gestion des risques mais aussi le respect du monde végétal et de son écosystème…

La préservation de notre patrimoine naturel est un enjeu majeur pour la ville et son agglomération, il est temps de mettre en place une gouvernance et un fonctionnement qui empêcheront d’autres dégâts irréversibles en faisant appel aux personnes compétentes en matière d’habitats naturels du monde associatif.

samedi 15 octobre 2016

INTERVENTION SUR UN NOUVEL ELAN AU VELO, plan d'actions municipal pour 2016-2020

Nous ne pouvons que nous réjouir de cette volonté affichée aujourd’hui dans une délibération même si, et c’est fort dommage, vous n’avez pas partagé un diagnostic clair de la problématique du vélo avec l’ensemble du conseil. Peut-être aurait-il révélé ce que nous savons tous : que de temps perdu à Mulhouse quant à la place du vélo dans la ville !

Evidemment la priorité c’est la sécurité et donc la continuité et la lisibilité des aménagements et avant de privilégier les sites propres. Bien sûr les équipes qui ont travaillé sur ce plan d’actions connaissent leur sujet mais la Ville a singulièrement manqué d’ambition en la matière. L’objectif que vous annoncez pour 2020, est de passer de 3 % (ce qui très faible pour une ville du bassin rhénan)à 6 % et d’atteindre 9 % en 2025… à Strabourg, pour comparaison, on en est à ce jour à 14 % et l’objectif sur l’ensemble de la CUS est d’arriver à 20 % en 2025.

Si des aménagements sont nécessaires voire urgents en terme de sécurité (la rue des couvents-tanneurs est un bel exemple et s’il n’y a pas plus de victime c’est parce que les trottoirs ont été abaissés), il faut entendu d’abord étendre et renforcer le réseau cyclable en site propre. Ce qui signifie que l’armature dont vous parlez devrait être traitée prioritairement en site propre et donc en piste et non pas en band, surtout dans les aménagements prévus pour desservir les écoles car nous partageons complètement cette approche avec les nouvelles générations, encore faut-il que les parents et les enfants soient totalement en confiance et nous en sommes loin à ce jour. Nous demandons donc une accélération des efforts engagés, y compris budgétaires.

S’agissant de Mulhouse ville 30, à l’heure où les Mazeratti déferlent à tombeau ouvert dans la zone 30 de la ville le samedi après-midi, nous défendons néanmoins cette idée pour apaiser la ville et limiter enfin les nuisances sonores pour les habitants du centre ville. C’est pourquoi nous nous demandons pourquoi vous prévoyez d’attendre 2018 voire 2019 pour réduire la vitesse en ville e Il paraît au contraire intéressant d’étudier l’extension de la zone piétonne et des zones de rencontre au-delà de l’hyper-centre puisque nous avons une navette qui circule et qui pourrait très largement voir étoffer sa fréquentation. Il y a là également un enjeu de santé publique avec les épisodes de pollution que connait la ville.

Ce plan d’actions a le mérite d’exister et nous y retrouvons beaucoup de propositions intéressantes que nous défendons. Les expérimentations dans le domaine du numérique ne doivent pas nous empêcher de penser aux personnes adultes qui ne savent plus ou pas rouler à vélo. Aussi il nous semble important d’ajouter une vélo-école à ce plan d’action. Une attention particulière pourrait être portée aux habitants des quartiers, dans un souci de mobilité, de désenclavement et d’accès à toute la ville, sans oublier l’aspect financier lié au faible coût des déplacements cyclables pour les usagers, en les aidants à franchir cette barrière souvent plus psychologique que technique.

On dit souvent qu’environ deux-tiers des déplacements se font sur des distances inférieures à 3 kilomètres et pourraient donc être parcourues à vélo en moins de 15 minutes. Il suffit de regarder le parking voiture et le parking vélo du Parc Expo pour constater que la marge de progression en matière d’usage du vélo est énorme. Derrière, on trouve des enjeux environnementaux et économiques et un nombre important de nouveaux acteurs doivent être impliqués mais nous souhaitons qu’une place importante soit donnée à l’économie sociale et solidaire chaque fois que cela sera possible. En conclusion, nous considérons que le travail fourni et la méthode utilisée ont été satisfaisantes et nous voterons donc ce plan d’action malgré l’absence partielle d’objectifs chiffrés et de calendrier en terme de réalisation.

MOTOCO, MORE TO COME … VRAIMENT ?

Monsieur Le Maire,

Nous avons regardé le budget supplémentaire et nous avons été déçus de ne pas trouver une proposition pour MOTOCO !

Il y a quelquessemaines, nous écrivions une tribune dans M+ au sujet de MOTOCO.

Nous vous avions demandé de nous tenir informés des évènements liés à cette association qui préfigurait l’investissement d’une friche emblématique à Mulhouse, DMC.

Or il se trouve qu’une assemblée générale de dissolution est programmée le 17 octobre dans quelques jours avec en toile de fonds, un déficit de 150 000 euros … dont une partie recouvre des loyers non payés à CITIVIA , et des membres locataires en attente car l’avenir est incertain pour eux, devront-ils sortir des locaux, que signifie l’arrivée de la chargée de mission et quelles sont les termes du rapport qui vous a été remis ?

Nous avons espéré que lors des commissions réunies vous nous auriez tenus informés de l’actualité importante de MOTOCO ; mais en votre absence, le sujet n’a pas non plus été évoqué.

Nous rappelons que 1,5 millions d’euros ont été investis dans le bâtiment 75. Soit dit en passant en dépit du bon sens, puisqu’il n’y toujours pas chauffage au 1er et 2eme étage où se concentre pourtant l’essentiel des locations et des activités. Il n’y a toujours pas d’eau potable !

Alors si les dysfonctionnements ne sont pas nouveaux et que la fin de cette première expérience est peut-être salutaire dans certains aspects, il s’agit néanmoins d’un échec important avec un manque total de transparence à l’égard du conseil municipal de Mulhouse. Partout en France, on a des exemples de réussites, Marseille, Lille, Nantes et Bordeaux avec le projet DARWIN : plus de 180 structures et 400 personnes travaillant essentiellement dans l’économie verte et créative. Bien sûr à une moindre échelle pour Mulhouse, l’écosystème existant doit néanmoins pouvoir être accompagné intelligemment et politiquement. Nous avons l’atout transfrontalier et il est dommage que nous, Mairie, ne soyons pas intervenus plus tôt pour préserver MOTOCO de dérives qui sont apparues il y a quelques temps déjà pour, peut-être, insuffler plus de professionnalisme dans ce beau projet !

Nous aimerions donc connaître la position de votre majorité, c'est à dire votre position, sur ce dossier, qui au-delà de la dissolution de MOTCO, devra continuer à vivre et nous le souhaitons dans le respect des forces vives du site, il existe déjà une nouvelle entité qui s’appelle ALTERNATIVE 75. Que vont devenir les artistes installés à MOTOCO, quelle dynamique économique pour ce site, quelle partenariat avec la Mairie, M2A et CITIVIA ? Que devient le laboratoire sociétal post-industriel dont nous rêvons tous pour DMC ?

Nous aimerions ce soir que le voile de l’opacité se lève enfin et que nous puissions ensemble relever ce défi afin qu’il y ait vraiment MORE TO COME dans les prochains temps…

INTERVENTION SUR LE RAPPORT D’ORIENTATION BUDGETAIRE 2017

Monsieur le Maire, Monsieur l’Adjoint aux Finances,

Vous avez donné un titre positif à votre rapport d’orientation budgétaire « une situation financière saine et qui s’améliore » en réalité, cette situation est néanmoins préoccupante car nous vivons à crédit avec un endettement élevé qui a encore progressé en 2015. Dans la vie, tout est une question de présentation, voire de communication. Prenons un exemple, lorsque vous nous présentez une augmentation importante de l’épargne brute de la Ville, comme vous venez de le faire, ne serait-il pas plus intéressant pour le conseil et les citoyens de présenter l’autre indicateur, celui de l’épargne nette qui nous révèlerait une image plus précise de l’argent disponible pour l’investissement après remboursement de la dette de la Ville qui s’est fortement alourdie de plus de 28 millions.

Alors si la capacité de désendettement s’améliore, il faut quand même dire qu’avec 10,6 années, cet indicateur reste élevé. Vous avez choisi d’augmenter la fiscalité, et ce malgré votre promesse de campagne, à l’arrivée ce sont les Mulhousiens qui payent et qui payent de plus en plus cher leurs impôts locaux… surtout si l’on se compare à d’autres communes voisines. Nous avons déjà pointé à plusieurs reprises le danger que représente cette augmentation des impôts avec un départ dans les communes de périphérie d’un certains nombres de nos concitoyens qui, s’ils n’habitent pas au centre ville, ont quelque fois bien du mal à trouver une justification à ces augmentations. Il serait intéressant de nous donner dans votre rapport, l’indicateur du pourcentage de Mulhousiens qui payent l’impôt.

Les dernières données statistiques de l’INSEE le disent, le solde migratoire de Mulhouse est négatif, et l’attractivité résidentielle en berne, on peut difficilement ne pas faire un lien avec, entre autres, le montant élevé des impôts ! Vous nous indiquez qu’en raison de la faiblesse des bases fiscales, Mulhouse est la 5e ville la moins chère de la strate. N’y a-t-il aucune autre raison ? Pour être plus transparent dans l’information, ne faudrait-il pas également parler de la proportion d’impôts plafonnés légalement en regard du revenu ?

Enfin nous arrivons à la question des dotations. Vous rappelez à juste titre que notre collectivité a contribué au redressement des comptes publics. C’est vrai, mais il faut également souligner que pour 2017, la baisse des dotations des collectivités a été réduite de moitié et qu’un fonds d’investissement spécial a été renforcé à hauteur de 1,2 milliard. Cette décision représente un juste équilibre entre l’impératif du redressement de nos comptes publics, auquel tous les acteurs publics doivent participer, et la nécessité de continuer à développer, dans les territoires, des services publics locaux actifs. Si aujourd’hui la situation budgétaire de la France s’est éloignée de la situation catastrophique que nous avions il y a quelques années, c’est grâce à l’effort important des collectivités dans un contexte contraint. D’emblée, on constate que les dotations de péréquation ont permis jusqu’en 2014 une certaine stabilité. Aujourd’hui on encore dire que 60 % des pertes ont été compensés par des dotations de péréquations.

Pour 2017, la loi de finance annonce très clairement sa volonté de poursuivre le chemin d’une plus grande équité des concours financiers de l’Etat aux collectivités. Dans cette logique, la progression de la péréquation financière au sein de la DGF sera maintenue, l’année prochaine, à son niveau de 2015 et de 2016. Pour 2017, l’augmentation de 317 millions d’euros de la péréquation prévoit entre autre une hausse de 180 millions d’euros de la dotation de solidarité urbaine (DSU) et non pas de 120 millions comme vous l’écrivez dans votre rapport. On peut par contre craindre pour l’avenir quand on entend les discours des candidats à la primaire de droite qui promettent des baisses des dépenses publiques allant jusqu’à 150 milliards qui forcément émargeront beaucoup plus fortement sur les dotations aux collectivités publiques ! Enfin sur le sujet du Fonds de péréquation intercommunal, le FPIC, il faut se réjouir que M2A en soit devenue bénéficiaire pour la première fois et Mulhouse dans la foulée avec 1,96 millions ! Mais il est fort à craindre que l’arrivée au début de l’année prochaine des communes de Rhin Sud (qui contribuent très fortement par leur richesse à ce fonds) change la donne et nous fasse passer à nouveau sous le seuil pour en bénéficier ce qui pénaliserait fortement Mulhouse mais aussi d’autres communes plus pauvres de l’agglomération. Il y a donc également des mécanismes de péréquation et de solidarité locaux à trouver au sein de notre intercommunalité pour que Mulhouse ne soit pas lésée par le nouveau dispositif intercommunal.

Alors, nous l’avons dit, vous avez choisi l’augmentation des impôts au moment ou d’autres communes les baissent, vous avez choisi l’endettement et donc faire peser sur nos enfants le prix de vos décisions. Vous avez fait un prêt de 20 millions sur 40 ans, une durée extrêmement longue avec un taux fixe de 2,43 %, pourquoi ne pas avoir emprunté sur 20 ans ? n’y avait-il aucune solution moins chère sur une durée plus courte ? La situation est-elle tellement grave que vous n’aviez pas d’autre choix ? Combien coûte réellement un tel engagement, pouvez-vous le rappeler lors de ce débat ? Alors oui la dette est majoritairement exposée sur le taux fixe mais nous avons quand même 3,10 % d’emprunts toxiques, une grave erreur de gestion pour laquelle heureusement le gouvernement a mis en place un dispositif d’aide, et presque 26 % de taux variable dont vous ne nous dites rien sur la sécurisation avec un plafond éventuel ? Je profite, puisque nous parlons d’emprunt, d’évoquer ici l’interpellation par le Conseil Populaire 68 pour l’abolition des dettes publiques sur le sujet de la lutte contre la corruption et les paradis fiscaux, puisque avec le tract distribué à l’entrée du conseil, l’association nous rappelle l’engagement que le conseil avait sous forme de délibération pour que Mulhouse participe à cette lutte. Vous auriez pu, dans votre présentation, Monsieur l’Adjoint aux Finances, nous dire quelles précautions et quels actes ont été engagés à l’égard par exemple de cette banque allemande qui nous prête 20 millions.

Quant à la masse salariale, si ce poste est maitrisé, il s’agit de rester vigilants aux risques psychosociaux qu’aucune politique d’économie ne saurait justifier, aussi nécessaire soit-elle. Pour les mesures décidées dans l’accord PPCR (parcours professionnels, carrières et rémunérations) qui impactent notre budget, il faut également rappeler que ces mesures sont en faveur des salariés, de leur vie professionnelle et de leur pouvoir d’achat, ce dont nous ne pouvons que nous réjouir.

En conclusion, il faut dire, et d’ailleurs vous le dites, que la situation est préoccupante et nécessite la plus grande vigilance quant à l’avenir. L’effort d’une meilleure péréquation impulsée par le gouvernement actuel doit également se traduire au sein de la M2A et il vous incombe, Monsieur le Maire, Monsieur l’adjoint aux finances, en premier lieu de porter le sujet d’un meilleur mécanisme financier de solidarité pas seulement pour Mulhouse, mais dans l’intérêt d’un meilleur fonctionnement de notre intercommunalité.

mardi 20 janvier 2015

INTERVENTION SUR LE DEBAT D’ORIENTATION BUDGETAIRE 2015 DE MULHOUSE

Ce débat d’orientation budgétaire est le premier de cette mandature. C’est l’occasion de discuter des choix que vous nous proposez et de vérifier la cohérence de ces derniers avec les engagements structurants que vous avez pris en mars 2014 devant les citoyens mulhousiens. Néanmoins, avant de poursuivre notre analyse, nous soulignons à notre tour le contexte inédit de ce budget qui s’annonce. En tant qu’élus locaux nous avons été nombreux ici, quelque soit notre sensibilité politique, à voter une motion qui demandait au gouvernement de revoir le plan de réduction des dotations globales aux collectivités dans le cadre d’un nécessaire rééquilibrage des finances publiques. L’effort demandé est très important, voire trop important pour certaines communes. Mulhouse fait partie de ces communes, avec un potentiel fiscal inférieur de près de 20% à la moyenne nationale et aux besoins sociaux importants.

La baisse réelle des dotations de l’Etat pour le budget 2015, après compensation partielle à l’aide de différents mécanismes comme la Dotation de Solidarité Urbaine ou la Dotation de Développement Urbain, s’élève à 2,1 millions d’euros.

Après la merveilleuse marche républicaine du 11 janvier et les terribles événements évoqués en début de séance, nous avons donc regardé vos propositions avec intérêt. Nous pensons que les élus politiques doivent aujourd’hui prendre le relais de la marche citoyenne, chacun à sa place et dans les responsabilités qui lui incombent. La priorité des priorités est aujourd’hui de travailler sur les valeurs et les règles de gouvernance de notre République et ce particulièrement dans la proximité d’un mandat municipal. La priorité c’est d’enrichir ou de reconstruire le lien social là où il a presque disparu grâce à une politique de prévention efficace, et nous avons tous compris désormais qu’il y a urgence. Vous nous trouverez à vos côtés à chaque fois qu’une décision ira dans ce sens.

La priorité affichée à l’éducation est à ce titre fondamentale car en effet la situation à Mulhouse est extrêmement préoccupante et l’Etat ne s’y est pas trompé puisqu’il a classé l’ensemble des collèges, écoles maternelles et primaires en Réseau Education Prioritaire au niveau le plus haut (sauf le Bel-Air ), ce qui est probablement un fait unique en France. Notre budget municipal doit accompagner cet effort, avec en plus des investissements dans les écoles, des moyens humains en maintenant à tout prix par exemple la politique d’une ATSEM par classe. Nous devrons soutenir les initiatives qui permettront de renforcer une communauté éducative dont les difficultés se révèlent au grand jour depuis ce début d’année. Maîtriser les charges de personnel, oui, mais par à n’importe quel prix pour notre cohésion sociale. Le renouvellement des postes ou le non remplacement des personnels en départ devrait être analysés à partir d’une grille de critères dont nous n’avons pas connaissance à ce jour et qui mériterait un travail plus collectif.

Vous affichez dans votre document une priorité à la jeunesse avec, par exemple, le soutien à la pratique sportive. Mais par ailleurs vous annoncez une baisse de 5 % en moyenne aux associations y compris sportives, ou encore les centres sociaux. Nous ne partageons pas votre proposition qui est de dire on prend 2,5 % aux organismes de regroupement et 5 % aux associations sans considérer leur santé financière et les missions que les uns et les autres remplissent sur des objectifs aussi important que la réduction des inégalités sociales et culturelles, ou encore sur la lutte contre les discriminations ou l’insertion des plus fragiles dans une perspective de vie plus digne. La plupart des associations sportives ou autres fonctionnent avec beaucoup de bénévolat, attention à ne pas démobiliser ces personnes qui donnent de leur temps personnel en essayant de faire des économies de bout de chandelles sans véritable stratégie… Notre communauté de vie y perdrait bien plus à terme ! Il faut au contraire renforcer les associations qui travaillent avec des jeunes en difficultés, renforcer les projets dans les quartiers, renforcer le travail culturel, sportif ou autre qui permet à des générations d’enfants, d’adolescents et de jeunes adultes de se construire dans le respect de nos principes républicains. La sécurité dont vous avez fait une priorité ne pourra être effective sans un travail de fond que jamais aucune caméra de vidéosurveillance ne pourra accomplir.

Les priorités affichées par des mots peuvent aussi l’être par des chiffres. Or à cet égard, votre document d’orientation budgétaire est incomplet. Pourquoi ne pas traduire en euros les économies annoncées de manière systématique, combien par exemple représente l’économie de 5% du budget communication ? Combien représente l’économie sur le secteur associcatif ? quel est le taux d’effort de chacun ? ces chiffres nous aurait permis par exemple de les mettre en perspective avec les 250 000 euros que vous avez choisi de mettre malgré tout dans le forum Libération en septembre dernier, c'est-à-dire bien après l’annonce des coupes budgétaires dont nous allions tous souffrir collectivement. Vous nous annoncez la baisse des indemnités des élus, c’est bien, d’autant que vous aviez augmenté l’enveloppe globale en début de mandat.

Dans le cadre général de la baisse des charges à caractère général, vous évoquez la remise en cause de certaines manifestations ou prestations, lesquelles ? Comment en débattre sans les connaître et sans avoir leurs coûts sous les yeux ? Heureusement, grâce à votre souci de la transparence, de la pédagogie, mais aussi de l’innovation en politique, vous avez fait une conférence de presse avant notre séance de ce soir, ce qui nous a permis de compléter notre information : exit donc le festival automobile ce qui représenterait une économie de combien d’euros ? Pouvez-vous le préciser ce soir ? d’autres événements seraient-ils concernés ?

S’agissant des investissements, vous évoquez une baisse en fin de mandat et la volonté de mettre en œuvre les investissements déjà annoncés dans le cadre de Mulhouse Grand Centre. Mais aucun tableau chiffré de rappel des projets en cours ou annoncés pour nous permettre d’apprécier le rapport intérêt pour la collectivité et implication financière, de vérifier l’opportunité d’un projet tel que la transformation du Parc Steinbach par exemple dont l’aspect prioritaire nous semble totalement absent.

Il est dès lors difficile d’apprécier au mieux la justification du cocktail que vous nous proposez : baisse des dépenses de fonctionnement, baisse des investissements et augmentation des impôts pour les Mulhousiens, et ce malgré votre engagement durant la campagne de ne pas augmenter les impôts… L’emprunt, quant à lui, ne peut être utilisé qu’avec parcimonie puisque nous nous approchons du seuil d’alerte pour notre capacité de désendettement. A ce stade, il est intéressant de se poser la question de l’impact sur certains de nos emprunts de la nouvelle politique financière du franc suisse. Il est également temps de faire un état des lieux du patrimoine communal avec ses affectations et ses coûts.

Il nous semble enfin que ce débat d’orientation budgétaire est le moment idéal, et alors que vous avez laissé entendre une augmentation des impôts pour plusieurs années, pour parler de la question des charges de centralité. En effet, Mulhouse ville centre supporte encore très largement certains équipements culturels qui profite à l’ensemble de l’agglomération. C’est une question qui doit être abordé dans les discussions avec l’Etat sur la Dotation Globale de Fonctionnement mais qui pourrait aussi être abordée localement avec la M2A. Le débat a eu lieu pour des équipements sportifs ou pour les musées, il devrait peut-être à nouveau s’ouvrir au vu de la conjoncture pour d’autres équipements.

Mais à nos yeux ce qui manque vraiment dans votre document, c’est la volonté de négocier un pacte financier de solidarité avec l’agglomération M2A. Il est temps de corriger les injustices liées aux Attributions de Compensation de la Taxe Professionnelle qui ont été décidées en 2010 et lèsent le budget communal de Mulhouse. De même le Fonds de Péréquation des ressources Intercommunal et Communal ne profite pas à Mulhouse et c’est plus de 5 millions dont nous ne bénéficions pas car le calcul se fait sur l’agglomération et le mélange des communes pauvres et des communes riches nous classe aux yeux de ce qui calcule cette péréquation dans une frange moyenne sans révéler la réalité dans le détail. Ce pacte pourrait permettre d’éviter la hausse des impôts dans une vision pluriannuelle de nos orientations budgétaires. Il est temps d’introduire sereinement dans ce débat, cette notion de solidarité territoriale indispensable au développement harmonieux de notre agglomération.

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