Le fléau qu'est la pollution atmosphérique et notamment celle des particules fines constitue un problème de santé publique majeur puisque aujourd'hui il s'agit de la troisième cause de mortalité en France derrière le tabac et l'alcool. Lorsque les conditions climatiques empêchent leur dispersion, l'accumulation dans l'air devient critique. En cas de grand froid, comme en ce moment, d'absence de vent ou de pluie, l'air ne se renouvelle pas suffisamment et les particules classées cancérigènes par l’OMS stagnent. Dans les zones urbaines de plus de 100 000 habitants les résultats montrent, en moyenne, une perte de 15 mois d'espérance de vie à 30 ans du fait des PM2.5

En 2014, le nombre de jours où l’indice publié par l’ ATMO Grand Est était supérieur à 6, c'est-à-dire une qualité de l’air vraiment mauvaise, se chiffrait à 68, pour comparaison, Metz était à 36 jours la même année… Aujourd’hui sur une échelle de 10, l’indice est de 8, nous sommes en seuil d’alerte et c’est un épisode qui dure puisque nous sommes en procédure d’information depuis vendredi… Globalement sur l’année 2015, l’ATMO a observé une légère hausse des concentrations de l’ozone et des particules par rapport à 2014, ainsi qu’une stagnation du dioxyde d’azote. Je n’ai pas trouvé les chiffres pour 2016 !

Je voudrais rappeler que si les pics de pollution sont très médiatisés, c’est bien l’exposition chronique qui pèse le plus sur la santé de nos concitoyens et particulièrement des enfants. Et si les mesures d’urgence sont prises (encore faut-il mieux les communiquer), notamment pour favoriser l’alternative à la voiture et l’utilisation du tram, l’important reste la réduction des polluants sur notre territoire.

Il y a donc urgence à mettre en place un véritable plan d’actions qui viserait à réduire durablement la pollution à Mulhouse avec pour objectif de diminuer par deux l’indice annuel. Or il semblerait avec les chiffres 2014 et 2015 que c’est plutôt une augmentation qui marque la tendance…

S’il est vrai que c’est une problématique pour toute l’agglomération, il est important que notre ville contribue fortement à l’effort et pourquoi pas devienne exemplaire ! Cela suppose des mesures courageuses pour restreindre les voitures et les camions en centre ville avec par exemple, c’est une proposition la création d’une ou deux plates-formes de distribution complémentaires l’une de l’autre, « pour réceptionner les marchandises provenant de différents transporteurs, les regrouper par destinataire, puis les livrer en utilisant des véhicules plus éco-responsables (au gaz naturel, électriques ou vélos).