Imposer du bénévolat en échange du RSA est illégal, a tranché le tribunal administratif de Strasbourg, saisi par la préfecture en réponse aux conseillers départementaux qui ont voté cette proposition.

En réalité, derrière cette fausse bonne idée, deux véritables problématiques doivent trouver des solutions.

La première est de réinventer la solidarité pour les bénéficiaires du RSA tout en leur donnant de véritables outils d’émancipation et d’autonomie. Cette problématique n’est évidemment pas spécifiquement haut-rhinoise mais nationale dans un souci d’égalité des droits et des devoirs. Elle doit donc se régler à cet échelon avec par exemple, la proposition d’une allocation de solidarité unique et universelle fusionnant les différents minimas sociaux, permettant au passage de lutter contre le non-recours aux droits et financée par la solidarité nationale dont l’État serait garant. Il n'est pas acceptable que le montant d'une prestation individuelle de solidarité soit différent selon le territoire dans lequel on vit, car cela aggraverait de manière importante les inégalités sociales en France contre lesquelles il faut lutter sans relâche pour espérer les réduire au maximum.

Ce qui nous amène à la deuxième problématique, celle du financement difficile du RSA pour nombre de départements comme le Haut-Rhin. Alors que certains confondent la notion d’engagement réciproque et la création de critères spécifiques illégaux pour le versement de minimas sociaux à des personnes en situation de fragilité, personne ne peut nier les difficultés de financement des politiques de solidarité qui forgent notre pacte social républicain que nous devons défendre d’autant plus en période de crise.

Aussi est-il d’autant plus difficile de comprendre le refus d’une soixantaine de départements gérés par la droite et le centre à la proposition du gouvernement de gauche qui voulait recentraliser le financement du RSA, ce qui réparait une erreur commise en 2003 avec la décentralisation d’une allocation universelle sans y allouer les ressources nécessaires à son financement pérenne.

Il y a donc bien d’autres solutions que la création d’un bénévolat à deux vitesses, l’un pour les pauvres qui auraient le droit de vivre avec quelques centaines d’euros par mois, l’autre pour les riches qui pourraient bénéficier de la liberté d’adhésion à des heures de bénévolat… L’augmentation de la pauvreté en France nécessite avant tout de réécrire nos politiques de solidarité pour qu’elles soient capables de mieux protéger chaque citoyen qui en a besoin, dans le respect et la décence, bien loin des batailles et des arrières pensées électoralistes .