Mes chers camarades,

Je voudrais pour ce conseil fédéral ouvrir un débat crucial. Nous sortons de l’élection présidentielle avec Emmanuel Macron élu Président et un score historiquement faible pour notre candidat Benoît Hamon. Mais nous sortons aussi du quinquennat de François Hollande, socialiste, et d’une période où nous avons su conquérir tous les pouvoirs en France.

Notre parti connaît une tension extrême, la situation est grave car nous sommes menacés de désintégration. Le mot est fort mais il correspond hélas à la réalité. Je ne sais pas si le PS est mort comme le répète régulièrement Manuel Valls car ce n’est pas la première fois que nos connaissons des défaites électorales alors que nous avons été au pouvoir pendant la Veme République (rappelons nous les législatives de 1993, la droite enlève plus de 480 sièges, la gauche 90, ou encore l’épisode douloureux avec Lionel Jospin en 2002). Une fois de plus, nous avons traversé avec difficulté l’exercice du pouvoir tiraillé par nos idéaux anti-capitalistes et la réalité de l’économie de marché mondialisée.

Nous sommes des réformistes ou des progressistes mais tous les socialistes ne mettent pas les curseurs au même niveau de transformation. Sociaux-démocrates et sociaux –libéraux avaient jusqu’à présent réussi à cohabiter au Parti Socialiste depuis le congrès d’Epinay. Avec l’arrivée d’Emmanuel Macron dans l’échiquier politique, qui finalement incarne cette troisième voie à la Tony Blair, l’affrontement gauche-droite s’estompe au profit d’un clivage entre progressistes et conservateurs, et tous les partis socialistes européens sont ou ont été traversés par ce phénomène. La politique économique de François Hollande est devenue le symbole de ce problème majeur amplifié par son discours du Bourget et de sa phrase « mon ennemie c’est la finance ».

Si toute la gauche européenne est en crise car les politiques sociales-libérales ont creusé les inégalités, la situation de notre parti socialiste est gravissime. Nous ne sommes plus capables de faire la synthèse des approches différentes qui formaient notre parti. L’élection présidentielle et hélas les primaires avant, ont montré que nous sommes désormais écartelés entre la gauche radicale de Mélenchon et Emmanuel Macron. Entre les deux l’espace s’est tellement restreint qu’il faut redouter les résultats aux prochaines élections législatives.

Il nous reste donc à répondre collectivement à une question : voulons-nous refonder notre parti, garder la vieille maison ? Nous devrons y répondre lors d’un congrès que personnellement j’appelle de mes vœux pour l’automne prochain !