Tout mulhouse fait du vélo !

Malgré les menaces que représente la crise mondiale de l'industrie automobile, il faut envisager un changement radical de mentalité pour contrer efficacement la pollution de l'air dans nos villes et donc reconnaître enfin qu'écologie et voiture ne riment pas. C'est une évidence ? et pourtant.... Les alertes à la pollution de ces derniers jours sont l'occasion de revenir sur la place de la voiture dans nos vies et nos cités.

LE VRAI VISAGE DE L'AUTOMOBILE

Révolution des transports du XXème siècle, l'automobile s'est rapidement imposée comme le principal moyen de déplacement dans les grandes agglomérations des pays occidentaux et ce phénomène se propage désormais aux pays émergents comme la Chine et l'Inde. De 1955 à 2005, l'augmentation de leur nombre a été environ trois plus rapide que la croissance de la population ! Pourtant ce qui est devenu un véritable art de vivre et fait l'objet de nombreuses passions, ne peut se résumer à un simple plaisir ou même besoin, encore moins à une parade ! Son prix à payer est énorme et s'accentue chaque jour un peu plus.

UNE DEPENDANCE AU PETROLE

En France, le parc automobile en circulation est estimé à près de 37 millions de véhicules dont 30 millions de voitures particulières, le tout hyperdépendant du pétrole. On sait aujourd'hui que les ressources de cette énergie fossile est limitée, que la maitrise de ses gisements peut provoquer des guerres et que le prix fluctue de manière très importante. Les biocarburants n'étant sûrement pas la bonne réponse si l'on considère que des céréales cultivées de manière intensive doivent d'abord nourrir des moteurs avant que de nourrir des Hommes : un scandale !

UNE MENACE POUR NOTRE ENVIRONNEMENT

Quant aux infrastructures nécessaires à l'utilisation des automobiles, non seulement onéreuses, elles ont profondément détruit une partie de notre patrimoine naturel. Avec le réseau routier le plus dense du monde et le plus long de l'Union européenne avec 1 079 072 km dont près de 11 000 km d'autoroutes, la France a négligé sa biodiversité en construisant des routes, obstacles aux déplacements d'un certain nombre d'espèces qui ne peuvent alors survivre : grands mammifères, reptiles, batraciens, insectes... Sans parler des sols (chaussée, trottoirs, parkings...) entièrement imperméabilisés donc détruits, stérilisés avec des pesticides particulièrement néfastes pour cette biodiversité.

Enfin, au niveau planétaire, la seule circulation routière est responsable en 2004 d'environ 13% des émissions mondiales de CO2, le principal gaz à effet de serre directement impliqué dans le changement climatique en cours.

UNE MENACE POUR NOTRE SANTE

Toutes les mesures prises en période de crise font immédiatement baisser le taux de pollution et celui des particules fines. Circulation alternée par plaque d'immatriculation, réduction de la vitesse, gratuité des transports en commun, tout est possible lorsque la contrainte est forte.

Si globalement les véhicules sont moins polluants, l'augmentation de leur nombre efface le bénéfice obtenu. C'est donc notre santé qui est directement concernée car l'automobile accentue et développe même des maladies comme l'asthme et les bronchites chroniques notamment chez les plus fragiles. Selon les dernières études en date, quelque 400 000 Européens meurent prématurément chaque année à cause de la pollution atmosphérique. Les maladies provoquées par la concentration actuelle de particules en suspension dans l’air entraînent plus de 100 000 hospitalisations supplémentaires chaque année.

Le coût sanitaire vient donc se rajouter au coût écologique, ce qui nous interroge sur la cohérence de la prépondérance de ce mode de déplacement dans les villes alors que d'autres études prouvent que la majorité des déplacements sont courts voire très courts (de 500 à 4 kilomètres).

LE RETOUR DU VELO ET DE LA MARCHE A PIED, LE VRAI PROGRÈS

Si l'on raisonne en terme de paysage ou d'un point de vue économique car il n'est pas inutile de rappeler que l'usage d'une voiture coûte en moyenne 5 000 euros par an au foyer, on ne qu'espérer une vraie révolution dans nos villles : l'utilisation de la voiture à titre exceptionnel et le retour triomphant de la marche à pied et du vélo. Ce qui implique une politique volontariste de la municipalité : multiplication des itinéraires cyclables sécurisés, aide à l'acquisition de vélos, mise en place d'un service public du vélo, politique répressive pour les automobilistes, baisse de l'investissement dans les infrastructures routières...

Autant de choses qui pourraient être faites à Mulhouse et qui ne le sont pas par manque de convictions, de conscience écologique et de vision d'une ville futuriste et avant-gardiste. Dommage, en attendant, ce sont nos enfants et nos parents qui trinquent, car qu'ils sortent ou ne sortent pas pendant ces quelques jours d'alerte, ils sont comme nous le sommes tous, habitants d'agglomérations, les premières victimes d'un fléau mondial dont dépendent quelques milliers d'emplois !