Cléo Schweitzer

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jeudi 17 juillet 2008

TRICASTIN, TOUT VA TRES BIEN, MADAME LA MARQUISE...

Sortir du nucléaire, c'est possible!

75 KG D'URANIUM REJETES DANS L'ENVIRONNEMENT AU TRICASTIN

Le site nucléaire du Tricastin est implanté à la limite des départements de la Drôme et du Vaucluse, sur le territoire des communes de Pierrelatte, St-Paul-3-Châteaux et Bollène. Il englobe 8 Installations Nucléaires de Base (INB1), plusieurs Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE) ainsi que l’Installation Nucléaire de Base Secrète (INB-S) du CEA-Cogéma. Mardi 10 juillet, l’Autorité de Sureté Nucléaire a annoncé qu’une fuite de "solution uranifère" s’était produite aux environs de 6 h du matin sur le site nucléaire du Tricastin. En réalité, cette fuite serait survenue la veille, à 23h.

Il faut prendre la mesure de la gravité de la rétention d'information : c'est, selon l'aveu des autorités, au moins douze heures après l'accident que les populations ont commencé à être informées. Il ne serait pas étonnant que le délai ait en réalité été encore plus important. Dans tous les cas, il est vraisemblable que des gens ont été contaminés lors de baignades ou en buvant car même lorsque le niveau de radioactivité est faible, une contamination est très grave puisque les particules radioactives se fixent sur des organes et attaquent directement les cellules. C'est alors un cancer quasi assuré en quelques années.

Comment dès lors faire confiance à AREVA, propriétaire de la Socatri, station de traitement des effluents,l'usine responsable de cet accident ? L'enquête de l'Autorité de sûreté nucléaire a relevé plusieurs erreurs concernant la gestion des effluents uranifères issus d'Eurodif.

la CRIIRAD, la Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité, a soulevé le lièvre, alertée par des employés du site.

Depuis, des teneurs en uranium, parfois jusqu'à 10 fois supérieures à la normale, ont été détectées en plusieurs endroits dans la nappe phréatique à proximité du site. Mais ces traces ne peuvent être en rapport avec la fuite de la semaine dernière: l'eau contaminée ne peut avoir migré aussi rapidement. Mais à l'autre extrêmité du site , de 1969 à 1975, des déchets radioactifs des usines militaires ont été littéralement enfouis dans le sol: 760 tonnes de barrières de diffusion -un des outils du processus d'enrichissement de l'uranium par diffusion gazeuse-, des boues radioactives, des filtres de conditionnement (46 m3) et de fluorines ((14 000 m3).

Deux ans après l'enfouissement, en 1977, les exploitants constatent déjà la pollution de la nappe située sous la butte alors qu'ils avaient prétendu avoir enfoui les déchets dans une barrière argileuse, donc étanche. En 1980, la contamination de la nappe est d'un facteur 1000 fois supérieur à la norme. Les exploitants décident alors de pomper la nappe à raison de 173 m3 par heure, et ce jusqu'en 1998...! Ils ont prélevé plus d'un million de m3 qu'ils ont ensuite rejeté dans le Rhône...

Plus le temps passe, plus le nombre de fûts corrodés et éventrés augmente, car le tumulus subit l'érosion, et en plus ils augmentent les risques de pollution du sol et des eaux souterraines, le nombre de personnes exposées aux rayonnements émis par le tumulus et les risques de contamination par inhalation. Il ne faut pas compter sur la diminution de la radioactivité avec le temps : l’uranium 238 a une période physique de 4,5 milliards d’années et l’uranium 235 de 700 millions d’années !

QUE SE PASSERAIT-IL EN CAS DE CATASTROPHE NUCLEAIRE EN FRANCE ?

Une catastrophe, avec rupture de l’enceinte de confinement et dégagement d’un nuage radioactif comparable à celui de Tchernobyl, est hélas possible en France. C'est d'ailleurs pour ça que, autour des centrales, les autorités distribuent des pastilles d'iode (qui ne sauveront d'ailleurs personne). Imaginez l'Alsace évacuée pour des siècles. A Tchernobyl, il y a eu environ 800 000 “liquidateurs” irradiés dont la plupart sont aujourd’hui morts ou gravement malades.

Si cela se produit en France, qui va se sacrifier ?

vendredi 11 juillet 2008

FUMER TUE ! L'INCINERATION DES DECHETS AUSSI ...


La cheminée d'un incinérateur est comme une cigarette géante pour les habitants du voisinage mais aussi pour ceux qui se croient à l'abri au fin fond de la Creuse car l'air pollué circule ! Dans l'ordre comme dans le désordre on y retrouve des poussières, des dioxines, de l'acide chlorhydrique et de l'acide fluorhydrique, du monoxyde de carbone, des gaz à effet de serre (GES), des métaux lourds et leurs sels ( plomb, mercure, cadmium,...) et de très nombreux composés volatils organiques (COV), liste malheureusement non exhaustive !

Tout comme pour les cigarettes, les filtres utilisés ne filtrent pas tout. L'environnement se retrouve imprégné par ces substances, l'air, l'eau, les sols, rien n'est épargné par ce cocktail toxique qui émane d'un incinérateur. L’argument de la mise aux normes des nouvelles générations d’incinérateurs avec utilisation de filtres à dioxines est souvent avancé pour rassurer les populations riveraines de ces installations. Malgré la mise aux normes de l'incinérateur de Sausheim, cet équipement est source de pollution et ce ne sont pas les deux contrôles annuels programmés qui vont l'empêcher de rejeter dans l'air dioxines et autres nanoparticules. Surtout pas pendant les 60 heures annuelles règlementaires où le rejet des fumées est autorisées sans filtre, ce qui entraine en moyenne des émissions annuelles de 1OO fois la norme. Pas étonnant donc que l'on retrouve des dioxines et des PCB dans les oeufs de nos poules élevées en plein air !

Le rapport élaboré par un groupe d'expert scientifique,le GESDI, dont Dany Dietmann, maire de Manspach, a mis en lumière 5 types de risques qui justifient la mise en place urgente d'un moratoire sur les constructions d'incinérateurs comme celui que l'on projette de construire dans le Haut-Rhin à Aspach.

En mars 2008, un rapport de l’Institut national de Veille Sanitaire (InVS) alerte les pouvoirs. Cette étude écologique de type géographique, réalisée dans le cadre du Plan cancer 2003-2007, a pour objectif d’analyser la relation entre l’incidence des cancers chez l’adulte et l’exposition aux émissions atmosphériques des usines d’incinération d’ordures ménagères. Elle porte sur les cancers diagnostiqués dans le Haut-Rhin, le Bas-Rhin, l’Isère et le Tarn entre 1990 et 1999. Près de 135 000 cas de cancer ont été collectés sur environ 25 millions de personnes-années. L’exposition des unités statistiques (Iris) au cours des années 1970-80 a été quantifiée par une modélisation de la dispersion atmosphérique et du dépôt surfacique accumulé des dioxines émises par 16 incinérateurs. Les résultats sont exprimés sous forme de risques relatifs qui comparent les risques de survenue d’un cancer dans des zones fortement exposées aux risques observés dans des zones peu exposées.

Une relation statistique significative est mise en évidence entre l’exposition aux panaches d’incinérateurs et l’incidence, chez la femme, des cancers toutes localisations réunies, du cancer du sein et des lymphomes malins non hodgkiniens. Un lien significatif est également retrouvé pour les lymphomes malins non hodgkiniens chez les deux sexes confondus et pour les myélomes multiples chez l’homme uniquement.

Cette étude ne permet pas d’établir la causalité des relations observées, mais elle apporte des éléments convaincants au faisceau d’arguments épidémiologiques qui mettent en évidence un impact des émissions des incinérateurs sur la santé.

L'espoir existe enfin de voir les collectivités prendre conscience du danger réel de ces équipements et d'appliquer le principe de précaution inscrit dans notre Constitution.

Il vient d'Auvergne car pour la première fois en France, la mobilisation d’un collectif de 531 médecins et d’associations environnementales a permis de faire échouer un projet d’incinérateur d’ordures ménagères. Après avoir organisé un grenelle local de l’incinération le 26 mars 2008, le Préfet de la Région Auvergne a en effet annoncé le 18 juin dernier qu’il refusait d’accorder l’autorisation de construction d’un incinérateur d’ordures ménagères à Clermont Ferrand.

Le Président du Conseil Général du Haut-Rhin et tous les conseillers généraux feraient bien de s'inspirer de cette décision et de travailler enfin à l'élaboration d'une politique de gestion des déchets départementale respectueuse de l'environnement et des Alsaciens car désormais ils ne pourront plus dire :

Nous ne savions pas...