la vraie valeur de l'argent... En quelques jours, le capitalisme financier s'est écroulé et malgré les apparences, malgré les images des traders au bord de la crise de nerf, c'est une bonne nouvelle en tout cas pour les citoyens de gauche... même si il n'est pas sûr du tout que la Gauche dans son ensembe arrive à imposer de nouveaux modèles.

UNE CRISE PREVISIBLE ET PREVUE

La bourse se fissure depuis de longs mois, nous vivions avec l'illusion que ce système allait pouvoir être régulé ad vitam eternam. Les Etats Unis, notre modèle, sont affaiblis et ils ont vécu au dessus de leurs moyens trop longtemps, ayant désormais épuisé leur crédit. C'est ce que révèle l'éclatement de la bulle immobilière, le fameux épisode des subprimes qui était le dernier levier de l'endettement. Les américains ne peuvent plus supporter des déficits commerciaux délirants ni utiliser impunément la baisse des taux qui leur avait permis de booster la croissance et de se sortir des krachs précédents. En touchant l'immobilier et les pauvres, on peut dire que cette crise touche le fond et que les USA sont désormais le dos au mur, il n'y a plus de marges de manoeuvre. C'est la fin de l'hégémonie des USA et du dollar.

L'EFFET DOMINO

En Amérique, les banques ont prêté de l'argent à des gens très pauvres qui, au bout d'un certain temps, n'arrivent plus à rembourser. D'autres fois, c'est un bien immobilier qui sert de caution mais si la valeur de ce bien baisse à cause du marché, les banques peuvent redemander de l'argent aux ménages qui ne l'ont pas forcément.

Entre-temps, les banques vendent ces titres de dettes en bourse à des fonds d'investissement qui, on l'a vu ces dernières années, ont quelque fois fait de très mauvaises affaires et ruiné leurs investisseurs. Les banques au coeur de ce système bancal ont des problèmes de trésorerie et essayant de les règler entre elles mais si un grand nombre d'entre elles sont fragilisées, le marché interbancaire étouffe. On fait donc appel aux banques centrales qui prêtent de l'argent aux banques.

Les acteurs boursiers dans leur ensemble ont besoin d’avoir toujours de l’argent frais de côté, pour ne pas être obligés de vendre des titres boursiers à chaque fois qu’un de leurs investisseurs veut reprendre l’argent qu’il a chez eux. Comme beaucoup de titres boursiers baissent, ils vendent : soit pour être sûrs de garder assez d’argent frais de côté, soit par panique. Et du coup, les titres boursiers continuent à baisser.

Et ce sont évidemment les petits épargnants qui feront les frais de cette dégringolade en cascade ! Il est fort à parier que l'élite des actionnaires va même réussir à se faire du fric avec cet épisode !

FAUT-IL SAUVER CE SYSTEME ?

A court terme, on le constate, chaque pays va assurer son économie et garantir l'épargne des ménages, voire le crédit des entreprises. Il n'est donc pas besoin de courir à la banque pour vider son bas de laine, une telle ruée ne ferait qu'aggraver la situation. C'est dire que beaucoup d'entre nous ne seront probablement pas touchés par cette crise, sauf épisode encore plus chaotique et imprévisible et que ce sont finalement les plus riches qui sont menacés dans cette affaire, un aspect à ne pas perdre de vue !

La Banque Centrale Européenne et son patron Mr Tricher joue un rôle primordial en contrôlant les taux de crédit et en injectant des liquidités, 120 milliards d'euros et ce matin même elle annonce une nouvelle injection de quelques milliards...

Mais Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de maintenir son principal taux d'intérêt à 4,25 pour cent, après avoir envisagé une éventuelle baisse en pleines inquiétudes sur l'impact de la crise financière américaine en Europe. Jean-Claude Trichet a dénoncé régulièrement les effets de l'inflation dans les 15 pays de la zone euro et la BCE n'a pas voulu baisser ses taux dans un effort pour lutter contre la hausse des prix, contrairement à ce qu'avait fait la FED, son équivalente américaine. Le plan Paulson et ses 700 milliards au USA seront probablement insuffisants et sous-estiment le montant des actifs dits toxiques quand à l'Europe, elle peine à réagir collectivement mais trouve quand même beaucoup plus facilement trois milliards pour renflouer un banque qu'un milliard et demi pour financer le RSA, ça laisse songeur...

Au Royaume-Uni, n'en déplaise à notre blairiste préféré, la banque Northern Rock, après avoir été la toute première à mordre la poussière, voit affluer de nouveaux clients maintenant qu'elle est officiellement nationalisée... C'est pas moderne ça ?

INVENTER AUTRE CHOSE, UNE UTOPIE ?

On le constate aisément, l'ensemble des réponses apportées à cette crise ne doit pas occulter la vraie question : faut-il sauver un système qui génère autant d'inégalités sociales et de catastrophes écologiques, au risque d'ailleurs de le voir se renforcer ?

C'est probablement une bonne occasion pour construire, par le bas, une économie alternative à la mondialisation marchande.

Cela commence par un travail local autour de la démocratie avec comme socle programmatique la solidarité réaffirmée d'une volonté de vivre ensemble.

Dans cette perspective on peut raisonnablement penser que, par exemple, les expériences de monnaies locales vont fleurir dans les prochains temps tant la philosophie de ce type de système revient aux fondamentaux humanistes piétinés par les systèmes monétaires et financiers mondiaux.