Depuis le référendum du 7 avril 2103, toute tentative en faveur d’une entité politique en Alsace semble vouée à l’échec. L’intégration maladroite de cette dernière dans une région Grand Est a pourtant été un catalyseur des volontés pour permettre à ce projet politique d’aboutir. Malgré tout, l’on peine à voir ce jour un projet politique fort et enthousiasmant porté par les élus comme les citoyens.

Si l’on se donne la peine de revenir sur les leçons de l’échec du référendum voulu par Philippe Richert en son temps et soutenu par le Parti Socialiste du Haut-Rhin, nous devons tout faire aujourd’hui pour ne pas retomber dans les mêmes travers. Le manque de dialogue de l’époque, mené par la « majorité alsacienne » avait en effet empêcher que les territoires et les familles politiques se fédèrent autour du projet. On voit déjà poindre à l’horizon dans le camp du parti Les Républicains les mêmes querelles et postures politiciennes qui aboutirent à un vote négatif des citoyens.

Aujourd’hui le gouvernement, tout comme le précédent, porte un regard attentif aux propositions portées par les élus. Pourtant il n’est pas concevable d’imaginer qu’un nouveau projet institutionnel pour l’Alsace ne fasse pas l’objet d’un référendum. La fusion envisageable des deux conseils départementaux et des circonscriptions administratives pour créer le département unique de l’Alsace ne peut faire l’impasse d’un processus démocratique complété par le travail d’une assemblée citoyenne constituante qui participerait aux fondations de la nouvelle assemblée.

Mais cette fusion des départements ne peut s’envisager que si elle est débouche sur une collectivité à statut particulier, dont la préfecture se situerait à Mulhouse dans le Haut-Rhin pour équilibrer les pôles nord et sud de ce territoire, et dont les compétences seraient adaptées au territoire dans un esprit de décentralisation et de solidarité permettant ainsi une plus grande autonomie de gestion, à l’image de ce qui a été fait pour les métropoles. Ce statut particulier pour un territoire comme l’Alsace devrait prioritairement lui permettre de travailler à un projet politique fort rhénan et transfrontalier avec ses voisins suisses et allemands. Les dossiers transfrontaliers ne manquent pas et irriguent la vie quotidienne de l’ensemble des Alsaciens. Il est temps de les aborder avec de l’audace, des innovations concrètes et une envie commune de relever les défis de l’économie de demain.