Réseau Education Sans Frontières C'est sûrement la question que l'on m'a le plus posée ces derniers temps..... La réponse positive coulait de source puisque mes enfants ne sont ni étrangers, ni sans papiers.... Quelle chance dans un pays qui considère que le fait d'être un enfant ne suffit pas pour obtenir la protection et l'aide materielle dont il aurait besoin pour s'épanouir... A Mulhouse comme ailleurs les cas se multiplient : des enfants ou des jeunes majeurs sans papiers sont scolarisés dans les écoles de la Ville et puis un jour... une chaise vide, l'administration et la politique les ont attrapés quelque fois au saut du lit, comme aux plus sombres heures de l'histoire de France.

Au lycée Montaigne, c'est Dimitri et sa maman qui se battent pour pouvoir continuer de vivre en paix ici, et c'est un combat que je soutiens évidemment avec l'ensemble du groupe d'opposition municipale, Un nouveau souffle pour Mulhouse.

L'IMMIGRATION, UN MONSTRE GENTIL ?

D’après le rapport du Secrétaire général des Nations unies sur les migrations internationales et le développement, remis en 2006 , le monde compterait près de 200 millions de migrants.

L’Europe a une longue tradition d’immigration. Alors qu’au XIXe siècle et pendant la première moitié du XXe siècle les migrations s’effectuaient principalement d’Europe vers les autres continents ou entre les pays européens eux-mêmes, la plupart des pays européens sont devenus des terres d’immigration après la Seconde Guerre mondiale. Entre 1991 et 2001, la France a présenté un solde migratoire d’environ 0,8 ‰, tandis que les moyennes européennes variaient autour de 2,5 ‰ .

Le rapport du ministère français de l’économie et des finances, de janvier 2006, sur « l’immigration sélective et les besoins de l’économie française » indique :

« Le résultat principal, tiré des observations théoriques et empiriques, est que l’immigration a un effet mécanique positif sur l’activité et la croissance, sans conséquence majeure sur le PIB/tête. En revanche, l’immigration crée un léger effet dépressif soit sur les salaires, soit sur le taux d’emploi du pays d’accueil. Cependant, ces effets négatifs se trouvent réduits, voire compensés, si la main-d’oeuvre immigrée possède des compétences complémentaires à celles de la main-d’oeuvre autochtone. »

Par ailleurs tout le monde sait que la place de l’immigration dans le débat politique ne s’explique pas par son impact économique réel, mais par les craintes de déclassement ressenties par les catégories les plus menacées par la crise économique. L’instrumentalisation de ces peurs par le personnel politique en renforce la visibilité sociale.

LA DIRECTIVE DE LA HONTE

Ces derniers mois la coordination des politiques de l’Union européenne, des États membres et des États partenaires du Sud s’est renforcée :

- la DIRECTIVE RETOUR, votée le 18 juin 2008 par le Parlement européen • fixe à dix-huit mois la durée maximale de détention administrative d’un étranger en situation irrégulière, • élargit la possibilité d’expulsion du seul pays d’origine aux pays de transit, • autorise l’expulsion des étrangers victimes d’une maladie grave, • interdit durant cinq ans l’accès au territoire européen de tout expulsé, • s’applique aux enfants mineurs même isolés ;

- le PACTE SUR L'IMMIGRATION ET L'ASILE, dont le contenu a été fixé par un Conseil des ministres informel le 7 juillet et qui sera soumis à l’approbation du Conseil européen les 15 et 16 octobre prochains, comprend cinq engagements :

• organiser l’immigration légale en tenant compte des priorités, des besoins et des capacités d’accueil déterminés par chaque État membre, • lutter contre l’immigration irrégulière, notamment en assurant le retour dans leur pays d’origine ou vers un pays de transit, des étrangers en situation irrégulière et en stoppant les régularisations massives, • renforcer l’efficacité des contrôles aux frontières, grâce à des moyens mis à disposition de l’agence Frontex, • harmoniser la politique de l’asile, • créer un partenariat global avec les pays d’origine et de transit favorisant les synergies entre les migrations et le développement.

RESISTANCE A TOUS LES ETAGES

Si le Réseau Education Sans Frontière est le premier interlocuteur à interpeller lorsqu'ils s'agit d'enfants scolarisés, il existe une pléiade d'organismes et de personnes qui manifestent leur opposition à cette politique du chiffre orchestrée par le ministère de l'immigration. Et c'est ainsi que j'ai pris connaissance avec plaisir de la déclaration politique de l’assemblée générale des centres sociaux concernant la politique de contrôle de l’immigration sur la base des exemples dans le réseau qui illustrent la manière dont cette politique vient fragiliser sur plusieurs plans la capacité pour les centres sociaux de mettre en oeuvre leur mission en direction de tous.

Extrait de cette déclaration : " • Une sortie en car, organisée par un centre, arraisonnée par la police des frontières qui organise un tri sur le bord de l’autoroute entre les légaux et les autres. • Des demandes de la police de pouvoir se mettre en planque dans un centre. • La demande menaçante d’un Préfet à un réseau de s’inscrire dans son dispositif de formation linguistique...

Nous nous engageons à :

• animer une démarche de veille active sur ces questions et à élaborer un état des lieux précis des difficultés rencontrées ; • former les acteurs du réseau- professionnels et bénévoles - pour qu’ils maîtrisent mieux le contexte légal et soient en capacité de travailler localement le cadre de leur action, en partenariat avec d’autres acteurs (Gisti, LDH, RESF, CIMADE…). • alerter tous nos partenaires sur ces difficultés et contradictions ; c’est l’objet de la déclaration. • engager avec les acteurs de la branche professionnelle – Snaecso et syndicats de salariés - un travail d’élaboration d’une charte de déontologie pour les équipes professionnels et bénévoles - des centres.

Les étrangers tout comme les français, avec ou sans papiers, doivent être traités avec le plus grand respect, avec humanisme…

Tout Homme, est une richesse non réductible à des papiers.

En référence à leur charte fédérale , les centres sociaux affirment qu’ils n’ont d’autre finalité que l’accomplissement de chaque personne."

Quant aux enfants, donnons-leur des Droits avant de leur donner des Devoirs !!!!