
Dans un contexte de mondialisation, établir sa stratégie de développement devient vital pour n'importe quel territoire. Or le retard pris dans la matière par Mulhouse et son agglomération entraîne le sud de l'Alsace vers un déclin irréversible. L'accouchement dans la douleur de la nouvelle agglomération est le fruit d'un manque de maturité politique et l'incarnation de l'esprit de clocher tout droit sorti d'un autre temps...
QUELQUES ENJEUX PAS ANODINS...
La prise de décisions sur un territoire pertinent est indispensable à toute politique cohérente et efficace où l'argent public serait utilisé au mieux . Qu'il s'agisse de logements, de culture, de gestions de déchets ou de flux de circulation, toutes ces questions ne peuvent plus être traitées comme il y a 3O ans... Mais surtout face à une désindustrialisation fortement amorcée dont l'ombre plane encore sur notre territoire, il s'agit de faire émerger des activités stratégiques. L'économie et l'environnement au coeur d'un projet partagé sur la base de valeurs communes, voilà l'enjeu d'une nouvelle structure intercommunale.
POURQUOI EST-CE SI DIFFICILE ?
Plusieurs facteurs sont probablement à l'origine de ces difficultés à monter cette intercommunalité qui pourtant est préconisée par le Conseil de Développement du Pays de Mulhouse depuis quelques temps déjà.
Les lois sur l'intercommunalité qui ont préservé la souveraineté communale tout en les englobant dans des Etablissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI) à fiscalité propre (taxes) et avec une Dotation Globale de Fonctionnement attribuée par l'Etat ( DGF ) entraîne un complexité d'organisation jamais atteinte dans l'organisation politique locale. Les maires selon la taille de leur commune où leur richesse deviennent des acteurs plus ou moins importants, plus ou moins revendicateurs... Ainsi les discussions de l'actuelle CAMSA et du club des 22 se déroulent en réalité entre quelques personnes et notamment entre les maires des communes ou communautés les plus riches comme Sausheim ou l'Ile Napoléon grâce à Peugeot et le Maire de Mulhouse qui a absolument besoin de la manne financière promise de quelques 20 millions annuels pour éponger le déficit du SITRAM ...
Il est vrai que la tâche du maire mulhousien n'est pas simple... Avec ses 2218 hectares pleins de socialistes, de pauvres et d'étrangers, notre ville fait peur aux forces conservatrices de ce qu'il reste des campagnes avoisinantes ! Ainsi bon nombre de maires cultivent l'image d'épinal d'une vie de village préservée en opposition à Mulhouse et ses dangers !
La question de la fiscalité a toujours été délicate. Mulhouse, ville pauvre et peuplée manque de ressources, alors qu'elle propose des services publics utilisés par l'ensemble des habitants de l'agglomération. La gestion par syndicats a permis aux communes jusqu'à ce jour de conserver la maitrise de la fiscalité contrairement à celles de la CAMSA qui se sont vues imposées une Taxe Professionnelle Unique élevée. Inutile de préciser qu'ailleurs un taux faible a favorisé l'installation d'entreprise dans une commune plutôt que dans une autre... Ce déséquilibre devrait être réglé en partie par la disparition annoncée de cette taxe !
Enfin, la couleur des étiquettes politiques joue un rôle non dédaignable même si Jean Marie Bockel a rejoint l'UMP, la seule chose dont on peut être certain à ce jour, c'est que le Président de l'agglomération élargie avec ses 50 vices-présidents et ses 200 conseillers ne sera pas socialiste...
OU EST PASSÉE LA DÉMOCRATIE ?
Question essentielle mais absente des débats, la construction de cette agglomération va à contre-courant d'une politique participative. En tant que conseillère municipale de Mulhouse, nous avons régulièrement droit un point d'étape tout comme les citoyens par le biais de la presse. C'est tout. On rêve d'une consultation citoyenne à l'échelle du pays de Mulhouse en marge des rencontres récurrentes et secrètes entre Jean-Marie Bockel, Mr Notter et Mr Bux et d'une élection des membres de cette instance. Il est évident que la nouvelle structure intercommunale verra le jour cet automne, on a malheureusement l'impression qu'elle sera plus le fruit de tractations politiciennes que d'une véritable volonté d'avancer ensemble dans le XXI siècle...