Le Tibet, composé des provinces de l'Amdo, Kham et
U-Tsang, s'étend sur un territoire couvrant une superficie totale de 2,47
millions de kilomètres-carré et est situé au centre de l'Asie, entre l'Inde et
la Chine.
UN PEU D'HISTOIRE ...
C' est au VIIe siècle que le Tibet est unifié, sous le règne de Songtsen
Gampo ses successeurs. S’en suivirent trois siècles durant lesquels le Tibet
fut l’une des plus grandes puissances d’Asie, en paix avec la Chine ! Pour
éviter de se faire envahir au VIIIe siècle par Gengis Kan , les dirigeants
bouddhistes du Tibet promettent aux Mongols loyauté politique, bénédiction, et
enseignement religieux.
Les Mandchous et les Anglais à tour de rôle convoitèrent et envahirent le
Tibet : en 1904, les Britanniques envahirent Lhassa durant une courte
période, et signèrent la “Convention de Lhassa” avec le gouvernement tibétain.
La Chine continua régulièrement à revendiquer sa suzeraineté sur le Tibet, et
envahit le pays en 1910. Mais, après la révolution chinoise de 1911, l’armée se
rendit aux Tibétains, et le Dalaï-Lama affirma de nouveau la complète
indépendance du Tibet.
Après la seconde guerre mondiale, le gouvernement communiste de Mao Zedong
clame qu’il faut libérer le Tibet, “pays archaïque” et l'armée populaire
chinoise envahit le Tibet. On connaît la suite, répression, exil du Dalaï Lama,
implantation d'une colonie chinoise majoritaire à ce jour, destruction
quasi-systématique de la culture tibétaine.
DE L'ARCHAÏSME À LA MODERNITÉ ?
Lhassa, ville pittoresque balayée par les vents du plateau hymalayen à 3600
mètres d'altitude. Cette image d'épinal est brouillée depuis la formidable
expansion économique que connaît la Chine. Pour sortir de l'archaisme de leur
société, beaucoup de Tibétains ont rêvé de modernisation et aspiré à tout ce
que la Chine leur faisait miroiter : un meilleur niveau de vie, plus
d'éducation, de meilleurs emplois.
Mais ces nouvelles richesses semblent être réservées aux Chinois, une
discrimination de plus pour les Tibétains qui manifestèrent leur colère au
printemps dernier. Une manifestation de quelques centaines de moines des
monastères de Lhassa s'est rapidement transformée en une émeute qui a lancé
commerçants et paysans dans les rues de la capitale tibétaine. Centre
commercial, voitures de luxe, magasins, toutes ces cibles appartenaient aux
Han, la classe dominante venue de Chine. Plusieurs villes du pays furent
touchées par les émeutes réprimées violamment.
D'un point de vue environnemental, la situation n'est guère réjouissante car
les forces d'occupation chinoises sont en train de détruire de façon
irréversible l'écologie du haut plateau tibétain. De nombreux rapports prouvent
que la Chine utilise le Tibet comme décharge de déchets nucléaires et toxiques
et en plus de l'exploitation systématique des ressources minières, les Chinois
se livrent au déboisement industriel dans l'est du Tibet. Dans certaines zones,
75% des forêts sont déjà détruites. Situé sur le toit du monde, le Tibet donne
naissance aux plus grands fleuves d’Asie. C’est pourquoi la protection de
l’environnement revêt une importance primordiale sur le Plateau tibétain.
LA VOIE MEDIANE
Depuis 1959, le Dalaï Lama réside à Dharamsala, village situé dans
l'Himalaya indien, d'où il dirige son gouvernement en exil et continue
d'enseigner le bouddhisme. En 1963, il a promulgué une constitution
démocratique pour le Tibet, mise en oeuvre par le gouvernement tibétain en
exil.
En septembre 1987, il a présenté devant des membres du Congrès américain son
Plan de Paix en cinq points prévoyant de transformer le Tibet en une zone de
paix (Ahimsa) internationalement reconnue par le biais de la démilitarisation,
de la protection de l'environnement naturel du Tibet, et le commencement de
négociations sérieuses sans condition préalable entre les représentants
tibétains et chinois sur l'avenir du Tibet.
En décembre 1989, il reçoit le prix Nobel de la Paix en hommage à son combat
pacifique.
Depuis le Dalaï Lama reconnaît que sa politique de non-violence à l'égard de
la Chine n'a ni permis de faire progresser les négociations de façon
substantielle, ni contribué à améliorer globalement la situation au Tibet. Bien
au contraire, la réponse chinoise à ses propositions - pourtant très
conciliantes - consiste en un accroissement de la répression, en la
marginalisation du peuple tibétain dans son propre pays, et en l'anéantissement
de sa culture et de sa religion. Face à ce constat d'échec, le Dalaï Lama et
son peuple placent aujourd'hui leur espoir dans l'aide et le soutien
international. Si cela échoue, il ne sera plus en mesure de poursuivre,
l'esprit clair, cette politique et n'aura d'autre choix que de consulter son
peuple sur la façon de mener à l'avenir la lutte pour la liberté.
La tenue des JO à Pekin en ce moment même a au moins eu le mérite de
clarifier la position de certains chefs d'états... Mais il est fort à parier
que les Tibétains doivent redouter la fin de ces Jeux car la dictature sera
débarassée de cette immense vitrine médiatique qui pourrait servir à autre
chose qu'à sa propre propagande !
"Puissent-ils réaliser l’œil de la sagesse, savoir ce qui est à accomplir et
ce qui est à abandonner, et demeurer dans la gloire de l’amitié et de l’amour"
(Tenzin Gyatso, Dalaï Lama 1960)