
Mon premier billet nous plonge dans la cacaphonie de la taxe carbone, une taxe initiée par Nicolas Hulot dans son pacte écologique que beaucoup d'élus s'étaient empressés de signer des deux mains en période électorale... L'idée étant d’inciter les entreprises et les ménages à consommer moins d’énergies non renouvelables. Et puisque les énergies renouvelables représentent si peu de nos consommations en France, l'impôt touchera beaucoup de monde, bref le gouvernement avec son déficit budgétaire s'apprête à taxer nos consommations d’énergie pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et financer des projets de développement durable.
L'ECOLOGIE A DEUX VITESSES
Globalement tout le monde est d'accord sur l'objectif : réduire nos émissions de carbone si désastreuses pour notre planète. Mais le lamentable état de cette dernière ne suffisant pas à mobiliser les terriens pour la sauver, il faut mettre en place des gardes fous. Eric Woerth, ministre du Budget l'a annoncé : la taxe carbone sera inscrite dans le projet de loi de finances pour 2010, voté avant la fin 2009. La taxe, outil souvent utilisée en France, est toujours mal vécue et d'autant plus en période de crise économique. Une faille largement exploitée par Ségolène Royal qui pourtant avait signé le pacte écologique... Mais outre l'évidente incitation à l'économie, c'est la redistribution des fonds collectés par cette taxe qui doit être claire... Des chèques verts pour qui ? il faudra attendre jeudi et l'annonce faite par Nicolas Sarkozy en personne pour en savoir plus. En attendant on imagine déjà qui payera tout comme l'énorme injustice sociale qui risque de creuser encore le fossé entre ceux qui pourront investir pour échapper à cette taxe et ceux qui la subiront comme ils subissent déjà, l'alimentation, l'éducation, la santé à 2 vitesses...
ENCORE UN COUP POLITIQUE AVANT LES REGIONALES
Votée en décembre au moment du Somment International de Copenhague sur la baisse des émissions mondiales de gaz à effet de serre, le président de la République française pourra communiquer très largement sur la mise en place de cette mesure même si la montagne accouche d'une souris. Et pendant ce temps, les français seront taxés sur un mode de vie imposé par des choix politiques pris il y a des dizaines d'années. Car dans le fond, ceux qui ont ouvert les yeux doivent pouvoir trouver des voitures qui polluent moins, de l'électricité verte dans leurs villes, des pistes cyclables sécurisées et des transports en commun adaptés et moins chers, surtout en milieu rural. Les alternatives n'existent pratiquement pas et pourtant nous sommes des délinquants car nous consommons ce que la publicité nous vend même lorsque nous empruntons un vélo à Mulhouse !
On nous dit que la taxe servira à financer des projets verts et sera redistribuée dans un souci de justice sociale, je ne peux m'empêcher de penser aux taxes sur l'alcool et le tabac sensées financer la sécurité sociale.. Tiens, mon prochain billet pourrait parler du déremboursement programmé du paracétamol et de l'augmentation du forfait hospitalier.
Alors oui, on peut être contre cette taxe et se préoccuper de l'avenir de notre planète. Cela passe par la modification de nos comportements certes mais aussi et surtout par une révision complète de notre mode de vie. et des choix politiques et économiques qui sont faits dans notre pays.